La Commission de l’UEMOA et le gouvernement togolais ont procédé, ce lundi 11 mai 2026, à l’examen des résultats de l’évaluation de la mise en œuvre des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au titre de l’année 2025.
Les travaux ont réuni une délégation de la Commission de l’UEMOA conduite par son président, Abdoulaye Diop, et celle du gouvernement togolais dirigée par le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Essowè Barcola.

Les échanges ont porté sur les conclusions de la revue technique tenue du 10 au 12 novembre 2025 et consignées dans un mémorandum officiellement remis au ministre togolais des Finances. Cette démarche vise à accélérer l’application des réformes communautaires ainsi que l’exécution des programmes et projets de l’Union.

Au cours de la rencontre, les responsables ont rappelé que la revue annuelle constitue un outil stratégique de suivi et d’évaluation des engagements communautaires. Bien au-delà d’un simple exercice administratif, elle traduit la volonté des États membres de renforcer l’intégration régionale et de consolider leur souveraineté collective dans un contexte international marqué par une forte compétition économique.
Le ministre Georges Essowè Barcola a salué plusieurs avancées majeures enregistrées grâce aux réformes de l’UEMOA. Il a notamment évoqué la budgétisation par programme, qui a permis de moderniser les finances publiques et d’instaurer une culture de résultats dans les administrations, l’harmonisation des procédures douanières favorisant les échanges intracommunautaires, ainsi que le renforcement de la gouvernance économique à travers les mécanismes de surveillance multilatérale.
« Ces acquis sont précieux et résultent de plusieurs années d’efforts collectifs. Nous devons les préserver, les consolider et les approfondir », a-t-il déclaré, tout en soulignant que la revue annuelle reste « un exercice de vérité » indispensable pour identifier les insuffisances et engager les ajustements nécessaires.
Pour l’édition 2025, l’évaluation a concerné 145 réformes ainsi que trois programmes et projets communautaires. Le taux global de mise en œuvre des réformes s’établit à 68,7 %, contre 77,9 % en 2024, soit une baisse de 9,21 points. Cette régression est principalement liée à la non-transposition, au moment de l’évaluation, de la directive relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux.
Le recul observé dans les secteurs de l’agriculture, de la culture et de l’artisanat a été présenté comme un signal d’alerte appelant à une meilleure coordination entre les acteurs nationaux et communautaires. Des secteurs jugés essentiels pour l’économie réelle, l’identité culturelle et la création d’emplois.
À l’inverse, les performances enregistrées dans l’exécution des programmes et projets communautaires affichent une nette progression. Le taux d’exécution atteint 91,6 %, contre 78,9 % lors de l’édition précédente, tandis que le taux de décaissement s’élève à 83,61 %.

Le ministre Barcola a insisté sur le fait que la transposition des directives communautaires constitue une obligation pour les États membres et un enjeu de crédibilité pour l’Union. Il a également rappelé que les réformes engagées doivent avant tout contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Instituée le 24 octobre 2013 par un Acte additionnel de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA, la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires est placée sous la présidence des Premiers ministres ou Chefs de gouvernement, avec la supervision des ministres en charge des Finances.






