La scène politique libyenne est en deuil. On annonce le décès de Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi.
Figure controversée depuis la chute du régime en 2011, il faisait également l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.
L’information a été révélée par son conseiller, Abdullah Othman Abdurrahim. Dans une publication sur Facebook, ce dernier affirme que Seif al-Islam Kadhafi aurait été assassiné par un commando armé. Selon ses déclarations, quatre hommes auraient pris d’assaut sa résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’abattre. Ces propos ont été relayés par plusieurs médias et sur les réseaux sociaux.
Son cousin, Hamid Kadhafi, a confirmé le décès lors d’un entretien téléphonique accordé à la chaîne Libya al-Ahrar. « Le docteur Seif al-Islam est tombé en martyr », a-t-il déclaré, précisant ne pas disposer d’informations supplémentaires sur les circonstances exactes de sa mort.
D’après diverses sources médiatiques, il aurait été tué au sud de Zenten, dans l’ouest de la Libye. Âgé de 53 ans, Seif al-Islam Kadhafi s’était initialement forgé une image de réformateur au sein du régime de son père. Toutefois, cette réputation s’était effondrée au début du soulèvement de 2011, lorsqu’il avait publiquement menacé les opposants d’une répression sanglante.
Arrêté dans le sud du pays puis détenu à Zenten, il avait été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès controversé. Il avait par la suite bénéficié d’une amnistie. Depuis, sa localisation demeurait incertaine. En 2021, il avait tenté un retour sur la scène politique en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, scrutin finalement reporté.
Pour l’analyste Emad Badi, cette disparition pourrait « le transformer en martyr aux yeux d’une partie importante de la population », tout en influençant les équilibres politiques en supprimant un acteur majeur de la future présidentielle. Une lecture partagée par certains proches de l’ancien régime.
Moussa Ibrahim, ex-porte-parole de Mouammar Kadhafi, a dénoncé sur le réseau X un acte « perfide », affirmant que Seif al-Islam aspirait à « une Libye unie et souveraine ».
Cette annonce intervient dans un contexte politique toujours fragile. Plus d’une décennie après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye demeure divisée entre autorités rivales, illustrant la persistance des tensions et les difficultés du pays à retrouver une stabilité durable.








