Réforme constitutionnelle : l’opposition togolaise s’appuie sur l’arrêt de la CEDEAO et réclame une transition politique

Date de la publication:

spot_img
spot_img

Un large regroupement de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile a réaffirmé, ce jeudi 25 juin 2026, son rejet de la nouvelle Constitution togolaise.

Dans une déclaration conjointe, les signataires estiment que l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO constitue un tournant dans leur combat contre la réforme constitutionnelle et appellent à l’ouverture d’une transition politique.


Au cœur de cette position figure un arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, rendu le 29 janvier 2026 et récemment consulté par les requérants sur le site internet de l’institution. Selon la coalition, la juridiction communautaire considère que la révision constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024, ayant conduit à l’instauration de la Ve République, est contraire à l’article 23(5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement.


Pour les organisations requérantes, cette décision conforte leur contestation de la réforme qui a remplacé la Constitution de 1992, laquelle prévoyait l’élection du président de la République au suffrage universel direct.


Les signataires dénoncent également les délais dans la procédure, affirmant que près de cinq mois après le prononcé de l’arrêt, leurs avocats n’ont toujours pas reçu de notification officielle de la décision par le greffe de la Cour.


La requête avait été introduite le 18 avril 2024 par un collectif de treize requérants réunissant des organisations de défense des droits humains, des mouvements de la diaspora et plusieurs partis politiques de l’opposition.

Parmi eux figurent la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), la CODITOGO, l’ASVITTO, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), les Forces Démocratiques pour la République (FDR), le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), Les Démocrates (L.D.), l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI), les DSA, Le NID, le Parti des Togolais, La RACINE ainsi que le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution ».

S’appuyant sur cette décision de la juridiction communautaire, la coalition estime que les autorités togolaises ont perdu leur légitimité sur le plan international. Elle appelle les partenaires techniques et financiers à s’interroger sur les conséquences de leurs engagements avec les autorités actuelles.


Pour les signataires, la sortie de crise passe désormais par l’ouverture d’une transition politique inspirée des propositions contenues dans le « Manifeste Génération Togo », avec pour objectif de refonder les institutions et de rétablir l’ordre constitutionnel.


Dans leur déclaration, plusieurs responsables de la coalition, dont Nathaniel Olympio, Sambiri Targone et Thomas Kokou Nsoukpoé, invitent les citoyens à se mobiliser pour défendre les principes démocratiques et l’État de droit.

À ce stade, le gouvernement togolais n’a pas encore réagi officiellement à la publication de cet arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Les autorités ont toutefois toujours soutenu que la réforme constitutionnelle relève de la souveraineté nationale et s’inscrit dans le cadre des dispositions prévues par la législation togolaise.

Source: Togobreakingnews

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Lien de partage

Newsletter

spot_img
spot_img

Articles Recents

Articles Similaires
Articles Similaires

Rentrée 2026 : le Club des Métiers d’Art et d’Artisanat du Togo ouvre ses inscriptions

Le Club des Métiers d'Art et d'Artisanat du Togo...

Bassar : une candidate au BEPC retrouvée morte par pendaison

Une vive émotion règne à Bassar après le décès...