Wanep-togo permet le déploiement de LébéNam, une plateforme numérique togolaise pour prévenir et mieux prendre en charge les VGB

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WANEP-Togo, avec l’appui d’EQUIPOP et en collaboration avec l’UNFPA-Togo, a organisé ce mardi 25 août 2026, à Lomé une rencontre multi-acteurs d’immersion et de lancement de la phase pilote de LébéNam, une plateforme numérique conçue pour renforcer la prévention, le signalement et la prise en charge des violences basées sur le genre (VBG).


Organisée dans le cadre des activités liées à la Journée internationale de la jeunesse 2026, cette rencontre a permis aux acteurs de la chaîne de réponse aux VBG de découvrir et de tester les fonctionnalités de la plateforme en situation simulée.

L’objectif était notamment d’évaluer son accessibilité, son ergonomie, la sécurité des données et la rapidité de traitement des signalements avant son déploiement à plus grande échelle.


Un outil pensé pour rendre le signalement plus accessible


Baptisée LébéNam, qui signifie « Prends soin de moi » en éwé, la plateforme est née d’une collaboration entre la startup togolaise efha Digitals SARL et l’association AHOME. Elle a remporté le premier prix du concours national HACK4Peace 2026, organisé par WANEP-Togo en partenariat avec l’UNFPA-Togo autour des thématiques Jeunesse, Paix et Sécurité.

L’innovation repose sur un dispositif multicanal permettant de signaler un cas de violence de manière anonyme et sécurisée. L’utilisateur peut notamment passer par l’application mobile, le numéro vert 8284, les codes USSD ou encore les SMS. Cette diversité de canaux vise particulièrement les personnes qui ne disposent pas d’un smartphone ou d’une connexion internet.

La plateforme propose également des contenus de sensibilisation en plusieurs langues, dont le français, l’éwé et le kabyè. Des contenus éducatifs, jeux et quiz doivent notamment permettre aux jeunes et aux communautés de mieux comprendre les différentes formes de VBG et de remettre en question certaines normes sociales susceptibles de favoriser leur banalisation.


Selon Dr Ayitévi Hounou-Adossi, médecin de santé publique, entrepreneur social et cofondateur d’efha Digitals, LébéNam ne se limite pas au signalement. L’ambition est de contribuer à une prise en charge plus globale des survivantes et survivants.


La plateforme intègre ainsi des fonctionnalités reposant sur l’intelligence artificielle. Lorsqu’une personne contacte le numéro vert, un système automatisé peut lui fournir des instructions dans la langue choisie et lui permettre de laisser son témoignage. Le signalement peut ensuite être transcrit et les informations essentielles extraites afin de faciliter son traitement.


En fonction des informations disponibles, notamment la localisation, le dispositif peut contribuer à orienter la personne vers une structure adaptée. Des notifications par SMS doivent également permettre au demandeur de suivre les différentes étapes de son signalement, de sa réception jusqu’à son orientation ou sa prise en charge.


Un financement communautaire basé sur le recyclage


L’une des particularités de LébéNam réside également dans son mécanisme de financement communautaire. Pour assurer la pérennité du dispositif et contribuer à certaines dépenses urgentes liées à la prise en charge, les promoteurs envisagent de mobiliser les ressources issues de la valorisation des déchets recyclables.


Les citoyens peuvent ainsi proposer sur la plateforme des déchets ou certains biens inutilisés. Ceux-ci peuvent être mis en relation avec des entreprises de recyclage ou d’autres acteurs susceptibles de les valoriser. Une partie ou la totalité des revenus générés peut être affectée à un fonds communautaire destiné à soutenir les survivantes et survivants.


Ce mécanisme pourrait notamment contribuer à couvrir certains besoins urgents, comme le déplacement d’une victime vers une structure de prise en charge ou son accompagnement temporaire lorsqu’elle doit quitter son domicile.

« Cette rencontre constitue une étape importante dans la maturation du projet. Les représentants des ministères concernés, des agences du système des Nations unies, des forces de défense et de sécurité, des centres d’écoute, des opérateurs de téléphonie et des médiatrices communautaires ont été associés aux tests » a relevé le Coordonnateur National de WANEP-Togo, M. Seyram Yawo Adiakpo.

Les participants ont notamment procédé à des simulations destinées à vérifier la simplicité d’utilisation de l’outil, la rapidité du signalement, l’efficacité des différents canaux d’accès ainsi que les garanties de protection des données.

Pour WANEP-Togo, cette approche doit permettre de recueillir les observations des praticiens avant la généralisation de la solution. À travers LébéNam, WANEP-Togo entend également mettre en évidence le rôle de la jeunesse dans la recherche de réponses concrètes aux problèmes sociaux.


Le projet s’inscrit dans le cadre du programme « Pour une mise en œuvre transformatrice des Programmes Femmes, Jeunesse, Paix et Sécurité au Togo », mis en œuvre par WANEP-Togo avec l’appui d’EQUIPOP. Il rejoint également une dynamique régionale portée par EQUIPOP et ses partenaires autour des agendas féministes, de paix et de sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Cette initiative établit ainsi un lien entre les agendas Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) et Femmes, Paix et Sécurité (FPS), en plaçant les jeunes et les femmes au cœur des mécanismes de prévention et de protection.


Le coordonnateur de WANEP-Togo a salué l’engagement des partenaires, notamment le gouvernement togolais à travers le ministère chargé des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, l’UNFPA-Togo et EQUIPOP. Il a également rendu hommage aux équipes d’efha Digitals et d’AHOME, à l’origine de cette solution.


À travers cette phase pilote, LébéNam entend désormais franchir une nouvelle étape : passer d’une innovation récompensée lors d’un concours à un outil opérationnel capable de rapprocher les victimes des services de protection et de prise en charge, tout en donnant aux communautés les moyens de participer activement à la lutte contre les violences basées sur le genre.

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