Foire ADJAFI 2026/le financement des TPME les 5 erreurs à éviter

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Le premier panel de la 14ᵉ édition de la Foire ADJAFI s’est tenu ce mercredi 26 août 2026 autour du thème : « Financement des TPME : mécanismes, dispositifs d’appui et critères de bancabilité ».

La rencontre a réuni plusieurs acteurs de l’écosystème entrepreneurial afin de réfléchir aux moyens de faciliter l’accès des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) aux financements.


Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de franchir une nouvelle étape dans l’accompagnement des entreprises, à travers la mise en place d’une plateforme nationale de référence et de promotion des TPME. Celle-ci devrait contribuer à leur qualification, leur certification ainsi qu’à leur accès aux marchés nationaux et internationaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).


La question du financement demeure en effet un défi majeur pour les entreprises togolaises. Le secteur agroalimentaire, en particulier, reste très peu financé et ne bénéficierait que d’environ 1,5 % des financements disponibles, tandis que les TPME dans leur ensemble captent environ 18 % du financement bancaire. Pourtant, elles représentent plus de 90 % du tissu économique.

Pour les participants, cette situation appelle à une meilleure adaptation des mécanismes de financement aux réalités des entreprises. Les TPME ont notamment besoin de financements à moyen et long terme, alors que les offres des banques et des institutions de microfinance demeurent largement orientées vers le court terme.

À cela s’ajoutent les difficultés liées aux garanties exigées et à l’insuffisante structuration de nombreuses entreprises.


Selon Abdel Halim Touré, partenaire de la Foire ADJAFI sur le volet scientifique, le panel a permis de mettre en relation les différents mécanismes d’accompagnement avec les exigences de bancabilité. Le Bureau de restructuration et de mise à niveau a notamment présenté ses dispositifs destinés à renforcer la structuration et la crédibilité des petites entreprises, particulièrement celles évoluant dans l’innovation et l’industrialisation.

L’Agence de développement des finances agricoles (ADFA), ainsi que la Direction de l’entrepreneuriat et du financement agricole, ont pour leur part présenté les mécanismes spécifiques consacrés au financement de l’entrepreneuriat agricole. Les échanges ont également permis aux start-up et aux jeunes entreprises de découvrir différentes alternatives pour mobiliser des ressources financières.


La bancabilité, une condition essentielle pour accéder aux financements


Pour Dieudonné Tchably, manager du HUB d’innovation Africa Coworkers, la bancabilité désigne la capacité d’une entreprise ou d’un projet à convaincre un financeur de lui accorder les ressources nécessaires.


Il a rappelé qu’il existe plusieurs mécanismes de financement, parmi lesquels le bootstrapping, l’autofinancement, les concours et subventions, les mécanismes publics de garantie, le crédit fournisseur, le crédit bancaire ou encore l’ouverture du capital à de nouveaux associés.


L’enjeu, selon lui, n’est donc pas seulement de rechercher de l’argent, mais surtout de choisir le mécanisme correspondant au niveau de maturité de l’entreprise et à la nature du projet.

Il a également insisté sur plusieurs éléments déterminants pour renforcer la crédibilité d’une entreprise auprès des financeurs notamment la disponibilité de garanties adaptées, la formalisation juridique, l’existence d’un historique d’activités, la preuve d’un marché réel et la tenue d’une comptabilité claire et transparente.


« Le problème n’est pas uniquement de trouver de l’argent. Il faut surtout démontrer que ce que l’on va produire avec cet argent répond à une demande réelle », a-t-il expliqué, soulignant que la preuve de marché constitue un élément essentiel de la bancabilité.


Cinq erreurs à éviter


Dieudonné Tchabli a par ailleurs invité les entrepreneurs à éviter cinq erreurs courantes : le manque de traçabilité et de comptabilité, l’insuffisance d’information, le manque de confiance en soi, l’absence de formation et la volonté de tout faire seul.


Il a encouragé les entrepreneurs à rechercher activement l’information sur les opportunités disponibles, à se former, à croire en leurs projets et surtout à ne pas hésiter à solliciter l’accompagnement de professionnels et de structures spécialisées.


« Même Jésus s’est entouré de disciples. De la même manière, l’entrepreneur doit avoir le courage de s’entourer de personnes compétentes », a-t-il lancé.


Pour lui, les erreurs ne disparaîtront jamais totalement, mais le partage d’expériences doit permettre aux entrepreneurs d’en tirer des leçons et d’éviter de les reproduire.


Un Espace Finance, Business & Web pour passer à l’action


Dans la continuité de ces échanges, la Foire ADJAFI annonce la création de l’Espace Finance, Business & Web, une nouvelle initiative qui se tiendra du 1er au 3 septembre 2026.

Cet espace réunira des banques, des structures d’accompagnement et des cabinets spécialisés afin d’aider les entrepreneurs à mieux structurer leurs projets et à renforcer leur capacité à accéder aux financements.


Les entreprises pourront notamment bénéficier de conseils pratiques sur leurs dossiers, d’un accompagnement dans l’amélioration de leurs plans d’affaires ainsi que d’orientations adaptées à leurs besoins.


Les inscriptions étant déjà ouvertes, les entrepreneurs sont invités à saisir cette opportunité pour présenter leurs projets, obtenir des conseils d’experts et améliorer leur préparation à la recherche de financements.


Cette initiative s’inscrit dans la feuille de route et le plan stratégique ADJAFI 2026-2030, qui font du financement l’un des leviers essentiels du développement et de la croissance des TPME.

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