Le drame relance une nouvelle fois la question de la sécurité autour des sites d’exploitation du sable au Togo. Deux enfants sont morts noyés dimanche 4 octobre 2026 à Dekadome-Vo Attivé, dans la commune de Vo 1.
Pour le Mouvement Martin Luther King (MMLK), ce décès serait lié aux eaux stagnantes laissées par l’exploitation anarchique du sable.
Face à ce drame, le mouvement dirigé par le pasteur Edoh Komi appelle les autorités à agir avec fermeté. Il réclame notamment un état des lieux général des carrières de sable à travers le pays, avec une attention particulière portée aux sites exploités sans licence ni agrément.
Selon le MMLK, certaines carrières abandonnées ou mal sécurisées constituent de véritables dangers pour les populations riveraines. Les excavations profondes, l’absence de remblai, de clôtures et de panneaux de signalisation exposent notamment les enfants à des risques de noyade.
L’organisation dénonce ainsi des conditions d’exploitation qu’elle juge irresponsables. « Ces eaux ne sont pas naturelles. Ce sont des pièges mortels laissés par des exploitants sans foi ni loi », déplore-t-elle.
Pour le mouvement, le drame de Dekadome ne saurait être considéré comme un simple accident. Il révèle, selon lui, les insuffisances dans le contrôle, le suivi et la sécurisation des activités d’exploitation des carrières.
Le MMLK rappelle que d’autres décès ont déjà été enregistrés dans des eaux issues de carrières, notamment sur des sites liés à la SNPT et dans d’autres zones d’exploitation.
« Ce drame n’est pas un accident. C’est la conséquence prévisible d’une anarchie tolérée », estime le mouvement.
Au-delà du cas de Vo, le MMLK demande une réponse à l’échelle nationale. Il exige la suspension immédiate de l’exploitation du sable dans la localité concernée, ainsi que la fermeture des sites illégaux et des poursuites contre leurs exploitants dans la préfecture de Vo.
L’organisation propose également la tenue d’« états généraux des exploitants de sable » pour établir une cartographie complète des carrières existantes au Togo et identifier les sites dépourvus de licence ou d’agrément.
Le MMLK souhaite en outre que les exploitants soient contraints de sécuriser et de remblayer systématiquement les carrières après leur exploitation. Le non-respect de ces obligations, estime-t-il, devrait entraîner des sanctions et des poursuites.
« Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », insiste le pasteur Edoh Komi, qui adresse par ailleurs ses sincères condoléances aux familles endeuillées.
À travers cette interpellation, le MMLK veut surtout prévenir de nouveaux drames et éviter que des carrières abandonnées ou exploitées dans l’irrégularité ne continuent de transformer les espaces de vie des populations en zones dangereuses.




