La Fédération nationale des coopératives et productrices d’ananas appelle les pouvoirs publics à renforcer leur soutien aux acteurs de la filière.
Confrontés à des coûts de production élevés, à un accès limité au crédit, au manque de main-d’œuvre et aux difficultés d’écoulement des récoltes, les producteurs alertent sur les menaces qui pèsent sur la rentabilité de leurs activités.
Des pertes importantes faute de débouchés
Malgré les efforts consentis tout au long du cycle de production, certains exploitants ne parviennent pas à vendre leurs fruits dans des conditions satisfaisantes.
L’insuffisance des acheteurs et l’absence de marchés offrant des prix rémunérateurs contraignent parfois les producteurs à laisser pourrir des ananas mûrs dans les champs. Ces pertes aggravent les difficultés financières des exploitations et réduisent les revenus des planteurs.
Des investissements élevés pour un cycle long
La culture de l’ananas nécessite également des moyens financiers importants. Selon la Fédération, la mise en valeur d’un hectare requiert un investissement d’au moins 6 millions de francs CFA. À cela s’ajoute un cycle de production de 18 à 24 mois avant de pouvoir espérer tirer des revenus de la récolte.
Cette durée représente un véritable défi pour les producteurs, qui doivent mobiliser des ressources conséquentes sur une longue période sans garantie de commercialisation à des prix avantageux.
Pour financer leurs activités, de nombreux producteurs ont recours aux emprunts. Toutefois, les taux d’intérêt, qui oscillent entre 12 et 18 %, constituent une charge supplémentaire difficile à supporter.
Compte tenu de la durée du cycle de production et des incertitudes liées à la vente des récoltes, le remboursement des crédits peut peser lourdement sur la trésorerie et la rentabilité des exploitations.
La Fédération sollicite des mesures adaptées
Face à ces difficultés, le président de la Fédération, Osseyi Bonsou Abe, plaide pour un accompagnement public tenant compte des spécificités de la filière. « Nous avons besoin d’une solution adaptée à notre filière. Nous encourageons l’État à nous aider », a-t-il déclaré.
Les attentes des producteurs portent notamment sur la mise en place de mécanismes de financement plus accessibles, l’amélioration des circuits de commercialisation et des solutions aux difficultés de recrutement de la main-d’œuvre.
Pour les acteurs de la filière, un soutien mieux adapté apparaît essentiel afin de limiter les pertes post-récolte, de sécuriser les investissements et de garantir une meilleure valorisation de la production d’ananas.




