Le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo) entend renforcer la prévention des crises au Togo à travers une meilleure connaissance des tensions locales.

L’organisation a réuni, le jeudi 15 octobre 2026 à Kara, des représentants des institutions publiques, des communautés et de la société civile pour examiner et valider une cartographie ayant permis de recenser plus de 242 conflits dans les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale.
Les travaux, organisés à l’Hôtel La Concorde, s’inscrivent dans le cadre du projet « Résilience économique face à l’extrémisme violent, Continuité », financé par Pain pour le Monde (PPLM). Ils visent à doter les acteurs concernés d’un outil permettant de mieux appréhender les tensions existantes, d’en identifier les causes et de renforcer les dispositifs de prévention et d’alerte précoce.

Conduite par le cabinet Result Services SARL sous la direction du sociologue et consultant Komlan Tokpra, l’étude a privilégié une approche qualitative.
La collecte des données a mobilisé douze agents et s’est appuyée sur 201 entretiens semi-structurés et 70 groupes de discussion. Plusieurs catégories d’acteurs ont été consultées, notamment les autorités administratives, les responsables communautaires et religieux, les organisations de la société civile et les autres forces vives locales.
Les résultats mettent en évidence plus de 242 conflits, des revendications persistantes ainsi que l’affaiblissement de certains mécanismes traditionnels de règlement des différends.
Ces facteurs peuvent accentuer les tensions et fragiliser la cohésion sociale, dans un environnement également confronté aux risques liés à l’extrémisme violent et à la criminalité transfrontalière.
Au-delà du simple inventaire des conflits, cette cartographie doit aider les décideurs et les intervenants de terrain à mieux comprendre les origines des différends, les facteurs susceptibles de les aggraver et les possibilités de résolution pacifique. Elle ambitionne ainsi d’orienter les interventions vers des réponses adaptées aux réalités de chaque communauté.
Le représentant du ministère de la Sécurité et de la Protection civile a salué cette démarche, tout en insistant sur la qualité des données collectées et le respect des exigences méthodologiques. Il a rappelé que les résultats doivent servir à anticiper les crises et à améliorer les mécanismes d’alerte, plutôt qu’à se limiter à un état des lieux des tensions.



Il a également attiré l’attention sur la protection des informations sensibles, afin d’éviter que leur divulgation ne porte préjudice aux personnes, aux communautés ou aux institutions concernées. Une exploitation responsable des données et une coordination accrue entre les services de l’État, les collectivités territoriales, les chefferies traditionnelles et les organisations de la société civile sont jugées indispensables.
À travers cette initiative, WANEP-Togo entend contribuer au renforcement de la résilience des communautés et à la consolidation de la paix dans les trois régions ciblées. L’organisation mise sur une meilleure compréhension des réalités locales pour permettre aux différents acteurs d’intervenir plus efficacement face aux tensions.
L’atelier de Kara a notamment permis aux participants d’examiner le rapport provisoire, de proposer des amendements, de consolider les recommandations et de réfléchir aux modalités de diffusion et d’utilisation du document final.
La portée de cette cartographie dépendra désormais de la mise en œuvre des mesures préconisées. Les conflits liés au foncier, aux ressources et aux relations communautaires nécessitent une vigilance constante ainsi qu’une mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, de la société civile et des populations.

En identifiant les foyers de tension et les mécanismes de médiation disponibles, WANEP-Togo entend ainsi favoriser une prévention plus efficace des crises et contribuer à préserver durablement la cohésion sociale dans les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale.




