Le décès d’une femme enceinte est amer à accepter. Face à l’ampleur de l’indignation relayée notamment sur les réseaux sociaux, le gouvernement a réagi en annonçant l’ouverture simultanée d’une enquête administrative et d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités dans cette affaire survenue au sein d’un établissement public de santé.
La scène se déroule au Centre hospitalier départemental (CHD) de l’Ouémé suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique béninoise.
S’exprimant le mercredi 28 janvier 2026, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a confirmé que le signalement avait rapidement été porté à la connaissance des plus hautes autorités de l’État. « L’alerte est parvenue en haut », a-t-il déclaré, soulignant que le dossier a été jugé suffisamment sérieux pour être inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres.
Dès la remontée de l’information, le ministre de la Santé s’est rendu personnellement au CHD de l’Ouémé afin de recueillir les premiers éléments et d’apprécier les conditions dans lesquelles le décès est intervenu. À l’issue de cette visite, une enquête administrative a été ouverte pour examiner les pratiques professionnelles au sein de la formation sanitaire concernée et déterminer d’éventuels manquements.
Parallèlement, le procureur de la République a engagé une procédure judiciaire, marquant la volonté des autorités de conduire des investigations approfondies, à la fois sur les plans administratif et pénal, dans un souci d’impartialité et de transparence.
Des instructions fermes du Chef de l’État
Au sommet de l’État, le dossier fait l’objet d’un suivi attentif. Le président de la République, Patrice Talon, a donné des instructions claires afin que les enquêtes soient menées avec la plus grande rigueur. « Le Chef de l’État a instruit que les enquêtes administrative et judiciaire se déroulent sans complaisance, afin que les responsabilités soient clairement établies », a précisé le porte-parole du gouvernement.
À travers cette position, l’Exécutif entend réaffirmer son engagement à lutter contre tout dysfonctionnement grave du système de santé, en particulier lorsque la vie humaine est en cause, et à sanctionner d’éventuelles fautes professionnelles avérées.
Un drame révélé sur les réseaux sociaux
Les faits à l’origine de cette affaire ont été rendus publics le dimanche 25 janvier 2026 par Marius Godonou, à travers une publication sur Facebook. Il y affirme avoir perdu son épouse le 18 décembre 2025, à la suite d’une prise en charge médicale au CHD de l’Ouémé.
Selon son témoignage, la grossesse, entamée au début de l’année 2025, aurait été suivie régulièrement au Centre hospitalier universitaire départemental (CHUD). Il soutient que toutes les prescriptions médicales, analyses et ordonnances ont été honorées durant la période prénatale.
Lors d’une consultation prénatale le 8 décembre 2025, une césarienne aurait été recommandée par les médecins, avec une intervention programmée pour le 18 décembre, après une consultation pré-anesthésique dûment réglée.
Marius Godonou rapporte que, le 17 décembre 2025 au matin, son épouse a commencé à ressentir des contractions. Elle aurait été conduite au CHUD vers 7 heures. Il affirme qu’entre 9 h 30 et 15 h, aucune intervention n’aurait été réalisée, faute de personnel disponible.
La césarienne aurait finalement eu lieu en fin d’après-midi. L’enfant serait né à 16 h 24, placé sous oxygène, puis admis à la crèche pour une prise en charge néonatale.
Selon le récit publié, la patiente aurait ensuite été transférée en salle de soins, où des saignements abondants seraient survenus sans prise en charge immédiate. Une aide-soignante aurait demandé à un membre de la famille de nettoyer le sang, avant qu’une nouvelle intervention ne soit envisagée plusieurs heures plus tard. Des poches de sang auraient alors été prescrites et la patiente admise en réanimation.
Le témoignage évoque enfin une conversation avec un chirurgien, identifié comme le Dr Ogoudjobi, à 14 h 58. Marius Godonou affirme que son épouse était déjà décédée à ce moment-là, se référant à l’acte de décès qui mentionnerait une heure de décès fixée à 12 h 52.
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le gouvernement assure vouloir agir avec responsabilité et transparence. Les résultats des enquêtes administrative et judiciaire sont désormais attendus pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame et, le cas échéant, établir les responsabilités.








