Le Togo à la croisée des chemins : Appel à la responsabilité, au dialogue et à la paix

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L’organisation Action Collective pour le Développement Intégral de l’Enfance et la jeune Fille (ACDIEF) et le Réseau des Ouest Africain pour la Paix et les Droits Humains (ROAPDH) à travers un communiqué signé par GADJE M. Koudjovi, Président du ROAPDH, publié ce 29 août 2025, disent suivent avec une profonde préoccupation depuis le 06 juin l’évolution de la situation sociopolitique au Togo, marquée par une série de manifestations sur l’ensemble du territoire. Des manifestations qui ont occasionnés des pertes en vies humaines.

En rappel, les 6, 26, 27 et 28 juin 2025, des jeunes artistes blogueurs et bloggeuses, réunis au sein du Mouvement du 6 juin (M66), ont appelé les populations togolaises à manifester à Lomé contre la hausse du prix de l’électricité, la vie chère, les arrestations et emprisonnements politiques et le passage de la quatrième République à la cinquième République au Togo sans consultations.

Ces manifestations ont fait l’objet de répression par les forces de sécurité et de défense. Le bilan est lourd : plusieurs arrestations, des centaines de blessés, sept morts dont un mineur, des corps repêchés dans les lagunes.

Alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le samedi 30 août 2025 sur l’ensemble du territoire national, il nous paraît impératif de rappeler l’importance de la préservation de la paix, du respect des droits fondamentaux et de la nécessité d’un dialogue sincère entre tous les acteurs impliqués.

Ces mouvements de protestation traduisent une tension persistante et un malaise croissant au sein de la population, dans un climat politique tendu où les canaux de dialogue semblent fragilisés.

Un contexte alarmant

Depuis plusieurs mois, le pays est secoué par des revendications populaires appelant à plus de transparence, de justice sociale et de respect des droits fondamentaux. Dans ce contexte, les manifestations annoncées — bien que pacifiques dans leur intention — peuvent, en l’absence de mesures appropriées, dégénérer en confrontations et exacerber les divisions.

La multiplication des appels à manifester, bien que fondés sur des revendications légitimes et portés par une jeunesse consciente et engagée, intervient dans un contexte où les tensions politiques restent vives et la confiance dans les institutions érodée. Dans ce climat, le moindre incident pourrait engendrer une escalade regrettable aux conséquences dramatiques pour la cohésion nationale.

Face à ces risques, nous en appelons à la conscience collective et à la responsabilité de tous les acteurs politiques, institutionnels et sociaux. A cet effet, nous recommandons aux différentes parties ce qui suit :

Au gouvernement togolais :
Respecter scrupuleusement les droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, de réunion et de manifestation pacifique, tels que garantis par la Constitution togolaise et les instruments internationaux ratifiés par le Togo.

Assurer un encadrement professionnel et proportionné des manifestations par les forces de l’ordre, dans le respect de la dignité humaine.

Initier un dialogue social et politique ouvert, inclusif et sincère, avec toutes les parties prenantes, afin de prévenir l’enlisement de la crise et favoriser une sortie apaisée.

Aux partis politiques :
Le rôle des partis politiques dans le renforcement du tissu démocratique est central. C’est pourquoi nous exhortons toutes les formations politiques à :

Encourager une culture du dialogue, de négociation, de plaidoyer, de la concertation et de la non-violence pour faire avancer les revendications.

Éviter les discours clivants, de haine, les appels à la division et les actions susceptibles d’envenimer la situation.

Travailler ensemble à l’élaboration de propositions concrètes pour une réforme politique consensuelle et durable.

La mise en place d’un dispositif de sécurité non répressif, centré sur la prévention, la désescalade et le professionnalisme des forces de l’ordre.

À la jeunesse togolaise :
La participation démocratique et l’engagement civique des jeunes sont reconnus par la résolution 2250 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; l’objectif du développement durable (ODD 16)

Manifester est un droit, mais se revendiquer de manière pacifique, disciplinée et responsable, en refusant toute manipulation politique et toute violence.

S’engager activement dans la vie démocratique par des moyens civiques et constructifs.

Éviter les discours de haine, les appels à la division ou les propos incendiaires, qui mettent en péril la paix sociale.

Être une force de proposition et un moteur de changement fondé sur les valeurs de paix, de justice et de respect des droits humains.

Faire preuve de respect de l’autorité publique et de la chose publique

Promouvoir la paix, la tolérance et le dialogue entre les différentes sensibilités, quelles que soient les convictions politiques, religieuses ou ethniques à tout moment.

Un appel à l’unité et à la paix

L’ACDIEF et le ROAPDH rappellent que l’histoire du Togo est marquée par de nombreuses luttes pour la démocratie et la justice. Ces luttes doivent aujourd’hui trouver leur aboutissement dans la construction d’un État de droit fort, d’une démocratie apaisée et d’une société équitable. Elles rappellent également que la paix sociale et la stabilité du pays sont des biens communs qui doivent être préservés par tous. La crise actuelle ne pourra trouver d’issue durable que par une volonté collective de dépassement, de dialogue et de respect mutuel. La paix n’est pas un acquis permanent ; elle se construit et se consolide chaque jour à travers des efforts conjoints, une écoute réciproque, et un respect strict de l’État de droit

À l’heure où les tensions s’accumulent, nous lançons un appel solennel à toutes les parties pour qu’elles fassent le choix du dialogue, de la modération et du respect des principes démocratiques. La paix, la justice et la participation citoyenne ne sont pas des slogans, mais des piliers essentiels d’une société libre et durable. Il est donc de notre responsabilité collective, d’œuvrer inlassablement pour la paix, la cohésion sociale, la non-violence et la défense des Droits de l’Homme dans notre cher pays le Togo.

L’avenir du Togo ne peut se bâtir que sur les fondements d’un dialogue inclusif, d’un respect mutuel, et d’une justice sociale équitable, de la cohésion sociale.

« La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité à le gérer par le dialogue et la compréhension. »
Nous reconnaissons le droit inaliénable des citoyens à exprimer leurs opinions, à manifester pacifiquement, et à participer activement à la vie publique. Ce droit, garanti par la Constitution togolaise et les instruments internationaux ratifiés par le pays, ne saurait être restreint de manière abusive, ni réprimé violemment.
Nous appelons donc chaque Togolais et chaque Togolaise, jeune et adulte, femme et homme quel que soit son rang social, à œuvrer pour un avenir fondé sur la justice sociale, l’inclusion, et le respect des droits fondamentaux.

ACDIEF et le ROAPDH restent disponibles pour accompagner toute initiative visant à désamorcer la crise actuelle, à créer les conditions d’un dialogue constructif et à construire une société plus juste et solidaire.

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