La stigmatisation, la discrimination et les violences basées sur le genre constituent des obstacles majeurs à l’accès aux soins de santé en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Conscients de cette problématique, des acteurs de la société civile, des professionnels de la santé, des médias et des juristes se réunissent à Lomé pour analyser le cadre réglementaire en vigueur et proposer des améliorations.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet « Réponse communautaire à la stigmatisation et à la discrimination et réforme législative en Afrique de l’Ouest et du Centre », qui vise à identifier et à corriger les lacunes législatives et institutionnelles empêchant un accès équitable aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH. En effet, de nombreuses normes sexistes, lois restrictives et pratiques discriminatoires limitent encore l’accès aux soins pour les populations vulnérables.

Selon Khadjijatou Ba, responsable du renforcement des capacités et du plaidoyer au CSIH WCA, l’objectif de ces échanges est d’analyser le cadre normatif existant au Togo et d’identifier les dispositions qui facilitent ou entravent l’accès aux soins. « Il s’agit de relever les insuffisances et de proposer des améliorations pour garantir un meilleur accès aux services de santé et lutter efficacement contre les violences basées sur le genre, la stigmatisation et la discrimination », a-t-elle précisé.
Cet exercice est mené simultanément dans quatre pays : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Togo, avec pour mission d’examiner les recours possibles en cas de discrimination en milieu de soins et de formuler des recommandations adaptées.
Au Togo, Eric Gunn, point focal de l’Institut de la société civile pour la santé en Afrique, souligne l’importance de cette initiative. « L’étude a été fortement recommandée au Togo en raison des cas persistants de stigmatisation et de discrimination dans les structures de soins. À l’issue de cet atelier, des recommandations seront soumises aux autorités togolaises et des actions de plaidoyer seront engagées pour encourager l’adoption de mesures concrètes en faveur d’un accès aux soins sans entrave », a-t-il expliqué.
Les résultats de ces travaux contribueront à l’amélioration du cadre juridique régissant la prise en charge en milieu hospitalier et les mécanismes de recours en cas d’abus. Selon les données disponibles, plus d’une personne sur dix vivant avec le VIH déclare ne pas avoir accès aux soins en raison de la stigmatisation.
Porté au niveau régional par ONUSIDA, ce projet s’inscrit dans la dynamique de la Déclaration politique sur le VIH/sida de 2021, qui fixe des objectifs ambitieux en matière de lutte contre la stigmatisation et la discrimination. L’initiative vise notamment à garantir aux populations clés, aux adolescentes, aux filles et aux jeunes femmes un accès à des services VIH inclusifs, respectueux des droits humains et exempts de toute forme de discrimination.
À travers la réforme juridique et le renforcement des services juridiques, ce projet ambitionne d’éliminer les obstacles systémiques freinant l’accès aux soins et de promouvoir un environnement de santé plus équitable pour tous.