MGF et droits des enfants : protéger les filles pour construire l’avenir

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Une avancée réelle, mais des défis persistants

La protection des droits des enfants est en marche, et le progrès est irréversible. Pourtant, certaines normes sociales restent profondément ancrées, continuant d’empêcher les enfants, surtout les filles, de jouir pleinement de leurs droits. Les mutilations génitales féminines (MGF) font partie de ces pratiques persistantes : chaque année, plus de 4 millions de filles dans le monde sont exposées à cette pratique, souvent avant l’âge de 5 ans, et plus de 230 millions de filles et de femmes en vie ont déjà subi ces mutilations.

Derrière ces chiffres se trouvent des millions de filles dont l’enfance est marquée par une décision prise à leur place, souvent au nom de traditions ou de normes sociales.

Aujourd’hui, la promotion et la protection des droits des enfants, en particulier ceux des filles, ne peuvent plus être l’affaire des seules organisations de la société civile : elles relèvent de la responsabilité de chaque membre de la société, de chaque communauté et de chaque famille.

Que recouvrent les mutilations génitales féminines ?

Communément appelées excision, les mutilations génitales féminines désignent l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins externes ou toute autre lésion des organes génitaux féminins ne reposant sur aucune raison médicale. Elles peuvent inclure l’ablation du capuchon du clitoris, l’ablation totale du clitoris, l’excision des petites lèvres de la vulve et des tissus adjacents, ou encore la suture de l’orifice vaginal.

Une violation claire des droits de l’enfant

Ciblant principalement les filles, les MGF entraînent la violation de plusieurs droits humains et droits de l’enfant, notamment :


• le droit de ne pas subir de discrimination fondée sur le sexe ou le genre
• le droit de l’enfant à atteindre tout son potentiel
• le droit à la protection et aux soins nécessaires à son bien-être
• le droit de ne pas subir de traitements cruels, inhumains ou dégradants
• le droit à la vie, les MGF pouvant entraîner la mort

Les MGF ne sont donc pas seulement une question de santé : elles relèvent directement de la protection des droits fondamentaux.

Des normes sociales profondément enracinées

Ancrées dans des normes sociales anciennes, ces pratiques sont souvent renforcées par la pression sociale, le rôle des familles et des communautés, et parfois par la croyance qu’elles protègent ou préparent au mariage.

Cette réalité montre que la question des MGF n’est pas uniquement médicale ou juridique : elle est profondément sociale et liée aux normes de genre.

Le rôle clé du dialogue et de la communication sociale

Aujourd’hui, le mot d’ordre est clair : tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Mais cette ambition ne pourra se concrétiser sans l’implication de toute la population.

Informer sans stigmatiser, dialoguer sans imposer : la communication sociale joue un rôle clé pour accompagner l’évolution des normes. Au-delà des campagnes de sensibilisation, des dialogues communautaires impliquant acteurs locaux, chefs religieux et traditionnels, femmes, hommes et jeunes sont essentiels pour favoriser un changement durable.

Des changements déjà visibles

Même s’il reste du chemin à parcourir, plusieurs initiatives montrent que le changement est possible.

Au Sénégal, dans le village de Keur Simbara, le chef de village Demba Diawara a convaincu plusieurs communautés de renoncer collectivement aux MGF, y compris dans des villages voisins. Cette approche collective a permis de lever une crainte majeure : celle de voir les filles non excisées exclues du mariage.

Au Kenya, d’anciennes exciseuses ont abandonné la pratique après avoir pris conscience de ses conséquences sanitaires. Certaines sont devenues des actrices de sensibilisation au sein de leurs communautés.

Dans plusieurs pays, des déclarations publiques d’abandon ont été enregistrées. En 2019, plus de 2,8 millions de personnes dans 3 362 communautés se sont engagées publiquement à abandonner les MGF.

Ces avancées rappellent que le changement social est possible lorsque les communautés elles-mêmes deviennent actrices de la transformation.

Protéger les filles, c’est protéger l’avenir

Mettre fin aux mutilations génitales féminines n’est pas seulement protéger des filles aujourd’hui. C’est garantir à toute une génération le droit de grandir avec dignité, santé et liberté.

La protection des droits des filles n’est pas une cause sectorielle : elle concerne l’avenir de toute la société.

Nadia Edodji

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