Face à la détérioration inquiétante de la qualité du portefeuille des institutions de microfinance, les autorités togolaises ont engagé une réflexion approfondie afin d’en cerner les causes et d’identifier des réponses durables.
Dans ce cadre, un atelier national s’est tenu le vendredi 27 mars à Lomé, réunissant les principaux acteurs du secteur autour de la question cruciale du recouvrement des créances.

Le secteur de la microfinance demeure en pleine expansion, avec près de 4,7 millions de membres et un encours de crédits estimé à 352 milliards de FCFA. Toutefois, les indicateurs de performance affichent une tendance préoccupante. En 2025, le taux brut de dégradation du portefeuille a atteint 6,7 %, dépassant largement la norme communautaire fixée à 3 %, ce qui traduit une hausse notable des impayés.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Barcola, le non-remboursement des crédits fragilise les institutions en érodant leurs fonds propres et en réduisant leur capacité à financer de nouveaux bénéficiaires. Une situation qui affecte également la confiance des déposants et des partenaires financiers, mettant ainsi en danger l’ensemble du système de microfinance.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs facteurs expliquant cette dégradation, d’évaluer les mécanismes actuels de recouvrement et de proposer des pistes d’amélioration. Parmi les préoccupations majeures figure la prolifération de structures clandestines opérant en dehors de tout cadre réglementaire.
Face à ce phénomène, le gouvernement a réaffirmé sa fermeté. Les autorités procèdent à la fermeture systématique des entités illégales et engagent des poursuites judiciaires contre leurs promoteurs, une démarche appelée à être intensifiée.
Par ailleurs, l’atelier a été l’occasion de présenter les innovations introduites par la nouvelle loi encadrant le secteur de la microfinance.
Ce texte vise notamment à renforcer la protection de l’épargne, améliorer la gouvernance des institutions et promouvoir davantage de transparence dans leur gestion.




