Sécurité au Togo : WANEP-Togo présente son rapport 2025 et appelle à une mobilisation collective

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Le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Togo) a animé, ce mercredi 4 février 2026, une conférence de presse consacrée à la présentation de son rapport sécuritaire 2025.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Programme Alerte Précoce et Prévention des Conflits (APPC), mis en œuvre à travers le Warning Response Network (WARN), dans un contexte régional marqué par la montée de l’extrémisme violent, la criminalité transfrontalière, les défis de gouvernance démocratique et les pressions environnementales.

L’objectif de cette présentation est de mobiliser les partenaires institutionnels, les médias et la société civile autour des risques liés à la paix et à la sécurité identifiés par le système NEWS-Togo entre janvier et décembre 2025.

Le rapport met en lumière les principales tendances sécuritaires, les zones à risque et formule des recommandations pour aider le pays à faire face aux défis à court, moyen et long terme.

Ouvrant les travaux, M. Hetcheli Kokou Folly Lonlonwu, Conseiller et représentant la présidente du Conseil d’administration de WANEP-Togo, a souligné l’importance de maintenir ce rendez-vous annuel.

« Les questions de sécurité humaine, de prévention des conflits et de protection des droits humains exigent un dialogue permanent et une collaboration renforcée. Ce rapport est présenté dans un esprit d’ouverture et de partenariat afin d’améliorer la réponse nationale face aux risques émergents. »

Élaboré grâce au travail de 31 moniteurs communautaires déployés dans les 39 préfectures du pays, le rapport dresse un état des lieux détaillé de la situation sécuritaire. Au total, 629 incidents ont été enregistrés en 2025 sur l’ensemble du territoire national, faisant 157 décès et plus de 390 blessés.


Comparativement à 2024, le nombre global d’incidents a augmenté de 40 %, avec une forte progression des cas liés à la démocratie et à la gouvernance (424 incidents), aux violences basées sur le genre (108 cas) et aux risques environnementaux et sanitaires (52 cas).

Les mois de février, mai, juin et juillet ont été particulièrement selon le rapport, marqués par des pics d’incidents, en lien avec les échéances électorales locales et sénatoriales, les manifestations, les mesures sécuritaires, les accidents de la circulation et divers incidents sanitaires.


Malgré ces tensions, le rapport met en évidence des évolutions positives significatives. Le nombre de décès a connu une baisse notable, passant de 245 en 2024 à 157 en 2025, soit une diminution de plus de 36 %. Les incidents liés au crime organisé et à l’extrémisme violent ont également reculé de près de 50 %, passant de 87 cas en 2024 à 45 en 2025.

Selon le coordonnateur national de WANEP-Togo, ADIAKPO Seyram Yawo, ces résultats traduisent les efforts conjoints de l’État et de ses partenaires : renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, opérations sécuritaires ciblées, mise en place du CNDS, amélioration des dispositifs de signalement et implication accrue des communautés locales.

Le rapport relève toutefois plusieurs préoccupations majeures à savoir la montée des tensions sociopolitiques ; l’augmentation des incidents liés à la gouvernance et aux libertés publiques ; la persistance des violences basées sur le genre, notamment les violences sexuelles et les mariages précoces ; les risques transfrontaliers liés à l’instabilité régionale ; les vulnérabilités environnementales accentuées par les changements climatiques ; les pressions économiques sur les populations vulnérables.

WANEP-Togo se dit particulièrement préoccupé par la hausse des violences sexuelles sur mineures et appelle à renforcer la dénonciation, la protection des victimes et la répression des auteurs. L’organisation salue à cet effet la mise en place du numéro vert 1014.

Les accidents de la circulation demeurent également une source importante de décès et de blessés, nécessitant une mobilisation accrue des acteurs concernés.

La région des Savanes, notamment les préfectures de Kpendjal et Kpendjal-Ouest, reste classée zone à risque élevé en raison des attaques terroristes et de la récurrence des incidents. D’autres zones dans les régions de la Kara, des Plateaux, Maritime et du Grand Lomé sont également identifiées comme sensibles.

Le rapport distingue trois niveaux de risque : élevé, moyen et faible, selon la fréquence et la gravité des incidents recensés.

Des actions de prévention renforcées
En 2025, WANEP-Togo a produit 53 rapports hebdomadaires, 12 bulletins mensuels et plusieurs alertes rapides. L’organisation a mené des dialogues communautaires, des médiations, 34 émissions radio de sensibilisation et touché plus de 4 000 personnes à travers ses activités de terrain.

Elle a également renforcé la résilience économique des communautés, promu le dialogue interreligieux et accompagné les institutions dans la mise en œuvre des agendas « Femmes, Paix et Sécurité » et « Jeunesse, Paix et Sécurité ».

Au regard des dynamiques observées, WANEP-Togo recommande notamment : le renforcement de la Stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent, avec une implication accrue des femmes et des jeunes ; l’amélioration des capacités des forces de défense et de sécurité ; l’intensification des campagnes de sensibilisation sur les VBG et la gouvernance locale ; la promotion d’un espace civique apaisé et respectueux des droits fondamentaux ; l’intégration de l’éducation à la non-violence et à l’environnement dans les politiques publiques ; le renforcement du cadre national de cybersécurité.

« Les données du système NEWS ne sont pas de simples statistiques. Elles représentent des vies perdues, des familles bouleversées et des communautés fragilisées », a rappelé le coordonnateur national, appelant à une responsabilité collective.

WANEP-Togo exhorte ainsi l’État à poursuivre la modernisation du dispositif sécuritaire et le dialogue social, les partenaires techniques et financiers à soutenir les mécanismes de prévention, la société civile à maintenir son rôle de veille, les médias à promouvoir une information responsable, et les communautés à demeurer des acteurs clés de l’alerte et de la paix.

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