La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) a fait part, ce mardi, de sa vive préoccupation à la suite de l’annonce de la fermeture prochaine de quatre agences d’Orabank Togo, prévue pour le 28 février.
Dans une déclaration officielle, l’organisation dénonce ce qu’elle considère comme un recul inquiétant de la banque dans sa relation avec les clients et appelle les autorités gouvernementales à se saisir du dossier.
Les agences concernées sont celles de Mango, Assahoun, Kégué et du Boulevard des Armées. Pour pallier ces fermetures, Orabank invite désormais sa clientèle à effectuer ses opérations via des points partenaires dénommés « KEAZ SPOT ».
Une solution jugée inadaptée par la LCT, notamment dans les localités de Mango et d’Assahoun, où une large frange de la population maîtrise peu les outils numériques et les plateformes technologiques comme KEAZ.
Selon l’organisation de défense des consommateurs, de nombreux clients d’Orabank dans ces zones sont principalement des fonctionnaires qui éprouvent déjà des difficultés à accéder aux services bancaires.
Elle cite, à titre illustratif, le cas des agents publics exerçant le long de la RN5, contraints de se rendre jusqu’à Kpalimé pour effectuer la moindre opération bancaire.
La situation est d’autant plus préoccupante que les clients d’Assahoun sont désormais orientés vers des points KEAZ situés à Kpalimé, ce que la LCT juge inacceptable pour des opérations courantes telles que les dépôts ou les retraits d’argent. L’organisation rappelle également les nombreuses plaintes des usagers relatives aux dysfonctionnements récurrents de la plateforme KEAZ et aux pannes fréquentes des guichets automatiques bancaires (GAB).
« Un agent partenaire ou un guichet automatique ne saurait remplacer l’accompagnement et l’expertise d’un conseiller bancaire, surtout pour les opérations complexes. Cette situation renforce chez les populations rurales un sentiment d’abandon », souligne la LCT dans sa déclaration signée par son président, Emmanuel Sogadji.
Tout en reconnaissant la nécessité de moderniser les services bancaires, la Ligue insiste sur le fait que cette évolution ne doit pas se faire au détriment de l’inclusion financière, en particulier pour les populations les plus vulnérables, alors même que l’État œuvre à l’amélioration du taux de bancarisation au Togo.
En conséquence, la LCT exhorte le gouvernement à veiller à ce que la transition numérique du secteur bancaire ne se transforme pas en facteur d’exclusion pour les habitants des zones rurales. Elle réaffirme enfin son engagement à défendre les droits et les intérêts des consommateurs sur l’ensemble du territoire national.






