L’ancien Premier ministre ivoirien Patrick Achi a été élu, samedi, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, une institution largement acquise au parti au pouvoir à l’issue des élections législatives de fin décembre.
Candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Patrick Achi a recueilli près de 85 % des suffrages des députés, contre 14 % pour son adversaire Lazare Yao Yao, représentant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition.
Cette élection intervient après la large victoire du RHDP lors des législatives du 27 décembre, qui ont permis au parti présidentiel de décrocher 197 sièges sur les 255 que compte l’Assemblée nationale. Dans ce contexte de domination parlementaire, le choix du nouveau président de l’institution était particulièrement attendu.
Bien que le président de l’Assemblée nationale ne soit plus constitutionnellement le successeur direct du chef de l’État en cas de vacance du pouvoir, le poste demeure stratégique.
Les décisions et arbitrages du président Alassane Ouattara, réélu en octobre dernier pour un quatrième mandat, continuent ainsi de susciter une attention particulière.
Âgé de 70 ans, Patrick Achi, député de la Mé, dans le sud du pays, succède à Adama Bictogo, député-maire de la commune de Yopougon, qui lui a adressé ses félicitations lors de la proclamation des résultats.
Dans son premier discours à la tête de l’Assemblée nationale, Patrick Achi a adopté un ton rassembleur. Il a affirmé sa volonté de « servir avec dévouement et exigence l’institution et la nation entière », tout en soulignant l’ampleur de la responsabilité qui lui incombe.
« Je m’engage solennellement à être le président de tous les députés et à présider notre Chambre avec humilité, car nul ne détient la vérité dans une démocratie », a-t-il déclaré, appelant à des débats vigoureux mais empreints de rigueur.
Premier ministre entre 2021 et 2023, Patrick Achi a connu un long parcours au sein de l’appareil d’État. Ancien cadre du PDCI, il a notamment occupé le poste de ministre des Infrastructures de 2000 à 2017 sous plusieurs gouvernements, avant de devenir, il y a un an, ministre d’État et conseiller spécial du président Ouattara.
Au sein de la majorité, cette élection a été saluée comme un choix consensuel. Mamadou Touré, député RHDP et ministre de la Jeunesse du gouvernement sortant, a estimé que le Parlement avait « besoin d’une présidence capable de rassembler toutes les sensibilités politiques », mettant en avant « l’expérience de l’État » et « la culture du dialogue » du nouveau président.
Du côté de l’opposition, le ton se veut également constructif. Soumaïla Bredoumy, député du PDCI, a reconnu les compétences de Patrick Achi et affirmé la disponibilité de son camp à « contribuer, dans l’opposition, au bonheur du peuple ivoirien et à la résolution des problèmes essentiels ».
Par ailleurs, la formation d’un nouveau gouvernement est attendue en début de semaine prochaine.
Les analystes y verront des indices importants quant à la future succession du président Alassane Ouattara, âgé de 84 ans, qui a entamé, selon la Constitution en vigueur, son dernier mandat présidentiel.








