Un atelier national de consultation consacré au Projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole (LRAP) a réuni ce vendredi 6 Mars 2026, à Lomé les principaux acteurs impliqués dans la gouvernance foncière au Togo.

Porté par le Programme Seuil de la Millennium Challenge Corporation (MCC), ce projet s’est voulu un véritable laboratoire d’innovations pour améliorer la gestion du foncier rural.
À travers des approches pratiques, participatives et inclusives, le projet LRAP a expérimenté plusieurs méthodologies visant à renforcer la sécurité foncière, à prévenir les conflits liés à la terre et à favoriser un accès plus équitable au foncier, notamment pour les femmes et les jeunes en milieu rural.

Dans le cadre de ces initiatives, l’OMCA-Togo et l’Université de Lomé, sous l’impulsion du Comité consultatif national du projet LRAP, avaient organisé en janvier 2025 un colloque scientifique national consacré aux questions foncières. Cette rencontre a permis de croiser les analyses académiques, juridiques et institutionnelles autour des défis du dualisme juridique, des pratiques foncières locales et des perspectives de réforme du secteur.
Cependant, la décision de la Millennium Challenge Corporation, annoncée le 18 novembre 2025, de mettre définitivement fin au Programme Seuil a conduit les autorités togolaises à informer les différentes parties prenantes de la clôture du programme et à faire un état des lieux des activités menées dans le cadre du projet LRAP. Dans cette perspective, des consultations ont été organisées du 1er au 13 février sur les différents sites d’expérimentation.



L’atelier national, présidé par le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Kodjo Adedze, s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à rassembler les résultats techniques du projet, les enseignements tirés des expériences de terrain ainsi que les contributions issues des réflexions académiques, afin de produire un rapport structuré sur l’intervention du Programme Seuil au Togo, en lien avec les orientations de la feuille de route gouvernementale.
Cette rencontre avait pour objectif de dresser le bilan du projet LRAP à partir des résultats des consultations régionales, tout en mettant en valeur les réalisations, les innovations méthodologiques, les leçons apprises et les perspectives de pérennisation des acquis.
Les participants ont également examiné les résultats des consultations menées auprès des bénéficiaires et des parties prenantes des sites pilotes, identifié les risques liés à l’arrêt du projet et réfléchi aux conditions nécessaires pour préserver et valoriser les acquis.
L’atelier a réuni environ 90 participants issus de divers horizons : représentants des ministères concernés, acteurs des sites pilotes, chercheurs de l’Université de Lomé, membres du Comité consultatif national du projet, responsables de l’OMCA-Togo, de la Cellule MCA-Togo, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile ainsi que du secteur privé.
Selon la directrice générale de l’OMCA-Togo, les réformes foncières engagées dans le pays s’inscrivent dans une dynamique globale de transformation portée au plus haut niveau de l’État. Elle a notamment cité la création récente de l’Agence nationale du domaine et du foncier comme illustration de cette volonté de modernisation.

Elle a également exprimé la reconnaissance du gouvernement togolais au gouvernement des États-Unis et à la Millennium Challenge Corporation pour leur appui aux réformes engagées dans le secteur foncier et dans celui des technologies de l’information et de la communication.
Mis en œuvre sous le leadership du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, avec l’implication des ministères sectoriels, des collectivités territoriales, des autorités traditionnelles et des communautés locales, le projet LRAP a servi de cadre d’expérimentation pour des approches innovantes visant à améliorer la gouvernance foncière en milieu rural.
Ces initiatives avaient pour objectif de renforcer les mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits fonciers, de promouvoir le dialogue communautaire, d’améliorer l’accès inclusif à la terre et d’encourager une gestion durable des ressources foncières.
Parmi les acquis du projet, les activités menées ont permis de cartographier environ 37,5 % de la superficie prévue et de faciliter la résolution de plusieurs conflits fonciers majeurs, notamment à Kaboli, Wonougba et Gbadi N’Kougna. À Tchamba 3, un conflit foncier vieux de plus de 75 ans a pu être réglé, contribuant ainsi à renforcer la paix sociale dans la localité.
Le projet a également favorisé une meilleure connaissance des droits fonciers au sein des communautés, tout en améliorant l’accès à la terre pour les groupes vulnérables. Plusieurs structures, notamment les communes des sites pilotes, la direction générale de l’information géographique et de la cartographie, la direction du cadastre et de la conservation foncière ainsi que la direction du développement rural, ont été équipées pour renforcer les opérations foncières.
Si la suspension du Programme Seuil n’a pas permis d’achever toutes les expérimentations, les enseignements tirés du terrain et les innovations testées constituent néanmoins une base importante que le gouvernement entend capitaliser pour poursuivre les réformes en cours.
Le projet LRAP s’inscrit ainsi dans la stratégie nationale de développement, notamment en matière de modernisation de l’agriculture, de sécurisation foncière, de prévention des conflits et de développement territorial équilibré. Il contribue également à la mise en œuvre progressive du Code foncier et domanial, considéré comme une pièce maîtresse de la réforme du secteur.

Pour les autorités, la maîtrise du foncier représente un levier essentiel pour le développement du pays et s’inscrit dans la vision gouvernementale fondée sur le triptyque : protéger, rassembler et transformer.
Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre les réformes engagées afin de bâtir un système foncier sécurisé, équitable et accessible, au service du développement agricole, de la paix sociale et du progrès économique.








