Un atelier technique consacré à la validation des exigences fonctionnelles et opérationnelles du système de marquage des produits pétroliers s’est tenu le mardi 31 mars 2026 à Lomé.
Organisée par la Commission chargée du suivi du contrat entre l’État togolais et la société SICPA SA, cette rencontre marque une étape clé dans le processus d’extension du dispositif à l’ensemble du secteur.
La réunion a mobilisé les principaux acteurs de la chaîne pétrolière autour des enjeux liés au marquage, à la traçabilité et au contrôle des produits. Les échanges ont permis de définir les modalités techniques, les mécanismes d’inspection ainsi que le calendrier de déploiement du système à grande échelle.

Lancé en 2025 à titre pilote sur le gasoil industriel subventionné, le dispositif a déjà produit des résultats probants. Selon les données présentées, il a permis une augmentation de 48 % des recettes fiscales, notamment au titre des droits d’accises sur les produits pétroliers et de la TVA. Une progression qui met en évidence l’ampleur des pertes jusque-là causées par la fraude et les circuits informels.
En effet, ce système a permis de détecter l’existence de réseaux parallèles échappant au contrôle de l’administration fiscale, favorisant des pratiques frauduleuses à grande échelle.
Par ailleurs, les analyses techniques issues de la phase pilote ont révélé des anomalies préoccupantes dans la qualité des carburants commercialisés. Des niveaux de soufre atteignant jusqu’à 3000 parties par million (ppm) ont été observés, bien au-delà de la norme fixée à 50 ppm dans l’espace UEMOA.
Ces écarts soulèvent de sérieuses inquiétudes, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental. L’utilisation de carburants de mauvaise qualité expose les populations à des maladies respiratoires et contribue à l’augmentation des émissions polluantes, tout en perturbant le fonctionnement normal du marché.
Pour le président de la Commission, Dr Esso-Wavana Ahmed Adoyi, ces résultats sont sans équivoque : ils traduisent une dégradation notable de la qualité des produits pétroliers, des risques accrus pour la santé publique et l’environnement, ainsi que la persistance de circuits échappant à toute régulation.
Il a également rappelé que le marquage des produits pétroliers s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2025. Après les résultats encourageants de la phase pilote, les autorités entendent désormais étendre le dispositif au gasoil routier et à l’essence.
Cette nouvelle étape permettra de couvrir l’ensemble des carburants consommés au Togo, qu’il s’agisse du gasoil utilisé par les véhicules ou de l’essence, qu’elle soit ordinaire ou super.
Développée par SICPA SA, la Solution Automatisée de Marquage (SAM) est déjà en application au Togo sur plusieurs produits de consommation depuis 2020, notamment les boissons, les eaux minérales et les cigarettes. Entre 2020 et 2025, ce système a généré près de 35,8 milliards de francs CFA de recettes fiscales.
Avec son extension aux produits pétroliers, les autorités togolaises espèrent renforcer significativement les ressources publiques, au regard des volumes importants concernés.
Le dispositif permettra une traçabilité complète des produits, depuis leur importation jusqu’à leur distribution. Chaque litre de carburant sera identifiable grâce à un marqueur chimique invisible à l’œil nu, mais détectable lors des contrôles.

Au-delà de l’enjeu financier, ce système vise également à garantir la conformité des produits aux normes en vigueur dans l’espace UEMOA. Les opérateurs du secteur devront ainsi se conformer aux exigences de qualité, sous peine de sanctions.
Le calendrier précis de déploiement sera communiqué dans les prochaines semaines, après validation finale des spécifications techniques. Une période transitoire est prévue afin de permettre aux acteurs du secteur de s’adapter aux nouvelles exigences en matière de marquage et de traçabilité.




