Le Togo a officiellement lancé, ce mardi 12 mai 2026, à Lomé, le Projet 2 du Programme de résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2-P2RS), à travers une cérémonie présidée par Dindiogue Kolani, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire.

Cette nouvelle phase du programme ambitionne d’améliorer la productivité agricole, pastorale et halieutique, tout en renforçant la gestion durable des ressources naturelles, la nutrition, l’inclusion du genre ainsi que l’employabilité des jeunes.
Le P2RS est une initiative portée conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et les États membres concernés. Le programme vise à renforcer durablement la résilience des ménages ruraux face aux crises alimentaires et nutritionnelles dans les pays sahéliens.
La première phase du projet, achevée en 2022, avait enregistré des résultats jugés satisfaisants dans sept pays bénéficiaires : le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Ces performances ont favorisé la mobilisation de nouveaux financements pour cette deuxième phase.

Le Projet 2 du P2RS bénéficie ainsi d’un financement global de 220,4 milliards de FCFA apporté par la BAD, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ainsi que le Canada-African Development Bank Climate Fund (CACF).
Cette nouvelle étape couvre désormais neuf pays à savoir le Burkina Faso, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Trois organisations intergouvernementales y sont également associées, notamment le CILSS, la Commission climat pour le Sahel et l’Initiative de la Grande Muraille verte.
Selon le représentant du secrétaire exécutif du CILSS, l’institution accompagnera le Togo dans plusieurs actions stratégiques à portée régionale. Il s’agira notamment de promouvoir les villages climato-intelligents, de faciliter l’accès aux semences améliorées et aux technologies adaptées au changement climatique, de renforcer la veille phytosanitaire ainsi que les systèmes d’alerte précoce et d’information sur les marchés agricoles.
Au Togo, le projet est déployé dans la région des Plateaux. Un lancement régional y avait déjà été organisé en avril dernier afin de marquer le démarrage opérationnel des activités auprès des communautés bénéficiaires. Des cadres nationaux ont par ailleurs été formés sur les outils de collecte de données phytosanitaires, les mécanismes de mesure de la résilience et les approches liées aux villages climato-intelligents.

Les représentants de la BAD et de la BOAD ont invité l’ensemble des acteurs impliqués à travailler de concert afin d’assurer l’atteinte des objectifs fixés et de contribuer efficacement à la réduction de la pauvreté dans les localités ciblées.
Pour Dindiogue Kolani, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision de la feuille de route gouvernementale, qui ambitionne de faire de l’agriculture togolaise un secteur productif, créateur de richesse et moteur de croissance économique.
« Le P2-P2RS constitue une réponse concrète et solidaire face aux défis climatiques, aux crises alimentaires et à la vulnérabilité des systèmes agricoles », a-t-il souligné, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement togolais à assurer une mise en œuvre efficace du projet.

À terme, près de 395 000 bénéficiaires directs, principalement des femmes et des jeunes, devraient profiter des retombées du programme dans les communes d’Agou 1 et 2, Akébou 1 et 2, Amou 2, Anié 2, Est-Mono 2, Haho 4, Kpélé 1 et Ogou 2, grâce notamment à un meilleur accès aux services financiers et non financiers.






