Le ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance a présenté, vendredi 24 juillet 2026 à Lomé, le bilan à mi-parcours du Projet d’Appui à l’Insertion Socioprofessionnelle des Personnes Handicapées au Togo (PAISPHT).

La conférence de presse, présidée par la ministre Moni Sankaredja-Sinandja, a permis de mettre en lumière les résultats obtenus depuis le lancement du projet en septembre 2023, tout en dévoilant les perspectives pour les prochaines années.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté du gouvernement de promouvoir une société plus inclusive, plus équitable et solidaire, où les personnes handicapées bénéficient de meilleures opportunités d’insertion sociale et économique.
Au Togo, les personnes handicapées, y compris les personnes atteintes d’albinisme et celles de petite taille, sont estimées à 1 023 270. Leur inclusion constitue un enjeu majeur de justice sociale et un levier essentiel du développement durable.



Cette vision s’inscrit dans les engagements internationaux du pays, notamment les Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 10 consacré à la réduction des inégalités.
Mis en œuvre sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le PAISPHT est financé par l’État togolais et vise à améliorer durablement les conditions de vie des personnes handicapées grâce à plusieurs actions, notamment la formation professionnelle, la mise en apprentissage dans des métiers porteurs, l’octroi de technologies d’assistance, l’installation des bénéficiaires en fin de formation ainsi que l’amélioration de l’accessibilité des infrastructures à travers la construction de rampes d’accès.
Depuis son démarrage, le projet a enregistré des résultats jugés encourageants. Des centaines de personnes handicapées ont bénéficié de formations adaptées, de technologies d’assistance destinées à renforcer leur autonomie ainsi que de kits d’installation leur permettant d’exercer une activité génératrice de revenus.
Présentant le bilan du projet, le coordonnateur du PAISPHT, M. Komadan Tchedjiko Noël, a indiqué que le taux de réalisation physique atteint actuellement environ 80 %.
Il a précisé que le projet, initialement prévu pour trois ans, a été prolongé d’une année supplémentaire en raison des difficultés de mobilisation des ressources financières. Les activités restantes seront ainsi exécutées jusqu’en 2027 afin d’atteindre les objectifs fixés.

Le coordonnateur a également souligné que l’une des principales leçons tirées de cette expérience réside dans l’importance de l’approche communautaire. Selon lui, l’implication des formateurs endogènes au niveau des communes a permis d’assurer un suivi de proximité des bénéficiaires, contribuant largement aux résultats enregistrés.
Des résultats au-delà des prévisions dans certains domaines
Entre septembre 2023 et juin 2026, le projet a largement dépassé son objectif en matière de mise en apprentissage. Alors que 350 bénéficiaires étaient initialement prévus, 576 personnes handicapées ont finalement été orientées vers des formations professionnelles dans les 39 préfectures du pays.
En ce qui concerne l’installation des bénéficiaires après leur apprentissage, 515 personnes ont déjà reçu un appui sur un objectif global de 750.
Le projet prévoit également l’acquisition de 700 technologies d’assistance (fauteuils roulants, tricycles, béquilles, cannes blanches, etc.). À ce jour, 303 équipements ont été acquis et distribués. Les acquisitions restantes sont programmées pour la fin de l’année 2026 et l’année 2027.
S’agissant de l’accessibilité des centres d’examen de fin d’apprentissage, 80 rampes d’accès ont déjà été construites sur les 100 prévues.
Des défis importants à relever
Malgré ces avancées, les responsables du projet reconnaissent que les besoins restent considérables. Selon le coordonnateur, 5 423 personnes handicapées avaient été recensées comme bénéficiaires potentielles au lancement du projet, alors que les capacités financières ne permettent d’accompagner qu’environ 800 personnes. De nombreuses personnes handicapées restent donc en attente d’un accompagnement.
Le projet devra également achever l’installation des bénéficiaires restants et acquérir près de 400 technologies d’assistance supplémentaires afin d’atteindre les objectifs fixés.
Pour la ministre Moni Sankaredja-Sinandja, ces résultats traduisent les efforts constants du gouvernement en faveur de l’inclusion sociale. Elle a salué l’engagement des organisations de personnes handicapées, des collectivités territoriales, des artisans formateurs, des médias ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment Handicap International, la GIZ, Plan International Togo, le PNUD et l’UNICEF.
Elle a enfin lancé un appel à l’ensemble des partenaires et des bonnes volontés à poursuivre leur soutien afin de permettre à un plus grand nombre de personnes handicapées d’accéder à une insertion socioprofessionnelle durable.
« Ensemble, poursuivons notre engagement pour bâtir un Togo où chaque citoyen, quelles que soient ses capacités, peut participer pleinement à la vie économique et sociale dans la dignité, l’autonomie et l’égalité des chances », a conclu la ministre.

Cette rencontre s’est déroulée en présence du préfet du Golfe, du maire de Golfe 2, des membres du comité de pilotage du PAISPHT, de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH), des représentants de plusieurs partenaires au développement, des autorités traditionnelles ainsi que des bénéficiaires du projet.






