L’Alliance nationale pour le changement (ANC) réagit à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de la résolution A/80/L.104 relative à une représentation plus fidèle du monde sur les cartes.
Dans une déclaration rendue publique ce 11 septembre 2026, le président national du parti, Jean-Pierre Fabre, salue l’initiative tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique par le régime RPT/UNIR.
Adoptée le 4 septembre 2026, la résolution vise à encourager l’abandon progressif de la projection de Mercator, utilisée depuis plusieurs siècles et qui donne une représentation disproportionnée des territoires situés aux hautes latitudes. Le texte ouvre notamment la voie à l’utilisation de projections considérées comme plus représentatives des superficies réelles des continents, à l’instar d’Equal Earth ou d’Eckert IV.
Portée par le Togo sous l’égide de l’Union africaine, cette initiative est saluée par l’ANC, qui estime qu’elle constitue une avancée vers une représentation cartographique plus juste, notamment pour l’Afrique.
L’ANC dénonce une instrumentalisation politique
Tout en reconnaissant l’intérêt de la résolution, Jean-Pierre Fabre estime que les autorités togolaises en font un outil de communication destiné à détourner l’attention des difficultés auxquelles le pays est confronté.
Selon l’ANC, le pouvoir chercherait ainsi à mettre en avant une réussite diplomatique internationale afin de projeter une image positive du Togo, alors que la situation politique, économique et sociale demeure préoccupante.
Le parti d’opposition évoque notamment des préoccupations liées aux droits humains, aux libertés publiques et à la gouvernance, ainsi que les conclusions récentes de la Cour de justice de la CEDEAO, que l’ANC cite comme faisant état d’un « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».
Dans sa déclaration, le parti appelle les Togolais et la communauté internationale à ne pas se laisser détourner des enjeux nationaux par cette initiative cartographique. Il estime que les priorités devraient plutôt porter sur l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’assainissement et la sécurité.
« Une Afrique mieux représentée sur les cartes ne saurait masquer une Afrique mal gouvernée »
L’ANC critique également l’implication du ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, dans la promotion de la résolution. Le parti estime que la même énergie aurait dû, selon lui, être consacrée à la défense des droits et libertés des citoyens et à la résolution des difficultés auxquelles les populations togolaises sont confrontées.
Pour Jean-Pierre Fabre, la valorisation du continent africain ne peut toutefois se limiter à sa représentation sur les cartes du monde. Elle doit également passer par une meilleure représentation des peuples dans leurs institutions, une gouvernance plus efficace, le respect des droits et une plus grande capacité des États africains à maîtriser leur destin.
L’ANC résume sa position par une formule particulièrement critique : « Une Afrique mieux représentée sur les cartes ne saurait masquer une Afrique mal gouvernée. »
Le parti remercie néanmoins l’Assemblée générale de l’ONU pour l’adoption de la résolution A/80/L.104, qu’il considère comme une avancée en faveur d’une représentation cartographique plus fidèle du monde.
Pour l’ANC, le véritable rayonnement international du Togo devra surtout passer par la restauration de la démocratie, de l’État de droit, des libertés publiques, de la bonne gouvernance et du respect de la dignité des citoyens.








