À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, célébrée ce 15 septembre 2026, l’association Action for Peace and Good Governance (APGG) appelle les dirigeants africains à aller au-delà de la simple organisation des élections.
L’organisation met en garde contre les restrictions de l’espace civique et plaide pour des institutions solides, une justice indépendante et une participation accrue des citoyens à la gestion de la chose publique.
Pour l’APGG, la démocratie ne saurait être réduite aux périodes électorales. Elle doit également se traduire au quotidien par le respect de l’État de droit, la protection des libertés publiques, la transparence des institutions et la possibilité pour les citoyens de demander des comptes aux responsables publics.
« La démocratie ne se décrète pas. Elle se construit, se protège et s’entretient chaque jour », souligne Jean Sovon, secrétaire exécutif de l’organisation.
Des inquiétudes autour de l’espace civique
L’association attire particulièrement l’attention sur les différentes formes que peuvent prendre les restrictions des libertés publiques sur le continent. Elle cite notamment l’utilisation de certaines législations sécuritaires contre des voix critiques, les poursuites visant des journalistes ou des militants, les contraintes imposées aux organisations de la société civile ainsi que les restrictions de l’accès à Internet.

APGG évoque également les modifications constitutionnelles qui, dans certains contextes, peuvent contribuer à prolonger l’exercice du pouvoir.
Pour l’organisation, le respect des procédures légales ne suffit pas, à lui seul, à garantir le caractère démocratique d’une mesure. Elle estime que la stabilité politique ne peut durablement reposer sur la limitation de la liberté d’expression ou la peur.
« Une répression conforme aux formes légales n’en demeure pas moins une répression », affirme Jean Sovon.
L’APGG souligne aussi l’importance de la jeunesse dans les transformations politiques et sociales du continent. Pour l’organisation, les jeunes Africains ne souhaitent plus seulement disposer du droit de vote. Ils veulent également comprendre la manière dont le pouvoir est exercé, connaître les bénéficiaires des politiques publiques et disposer de mécanismes permettant de demander des comptes.
Cette participation s’exprime à travers les élections, mais également dans les universités, les médias, les associations, les mouvements citoyens et les plateformes numériques.
« Il ne s’agit plus seulement de pouvoir voter : il s’agit de compter », résume l’organisation.
Face à ces enjeux, APGG appelle notamment à préserver l’ordre constitutionnel, garantir des élections libres et crédibles, renforcer l’indépendance de la justice et protéger les libertés de presse, d’expression, d’association et de manifestation pacifique.
L’organisation préconise également une lutte plus efficace contre la corruption et l’impunité ainsi qu’une meilleure représentation des jeunes et des femmes dans les institutions et les espaces de décision.
La démocratie se construit entre deux élections
Pour APGG, la consolidation démocratique relève aussi de la responsabilité des citoyens. Voter, s’informer auprès de sources fiables, vérifier les informations, rejeter les discours de haine et demander pacifiquement des comptes aux dirigeants font partie des pratiques nécessaires à une vie démocratique durable.
La société civile, les médias, les universitaires, les organisations de jeunesse et les communautés sont également appelés à jouer pleinement leur rôle.
L’association invite par ailleurs les partenaires internationaux à inscrire leur soutien à la démocratie africaine dans la durée, plutôt que de le concentrer uniquement sur les périodes électorales.
« La démocratie se construit entre deux élections », rappelle-t-elle, notamment dans les tribunaux, les administrations, les parlements, les collectivités et les médias, où s’exerce au quotidien le contrôle citoyen de l’action publique.
À travers son message, l’APGG estime ainsi que l’avenir démocratique de l’Afrique dépendra autant de la solidité des institutions que de l’engagement des citoyens à défendre les libertés et l’État de droit.
Pour l’organisation, la paix durable, la bonne gouvernance et la redevabilité des dirigeants restent étroitement liées. La confiance des citoyens, conclut-elle, se construit dans la capacité des institutions à répondre aux aspirations de justice, de transparence et de participation.








