C’est un coup diplomatique joué dans les coulisses du pouvoir américain. En marge de la grande conférence annuelle du Congressional Black Caucus (CBC) à Washington, le ministre togolais des Affaires étrangères, le Prof. Robert Dussey, a rencontré le congressman Jonathan L. Jackson.
Un lieu hautement stratégique. Le CBC, véritable lobby afro-américain du Congrès avec ses 60 élus, est l’une des voix les plus influentes sur la politique africaine des États-Unis. C’est dans ce cadre que le chef de la diplomatie togolaise s’est entretenu avec l’élu de l’Illinois.
Au cœur des discussions, trois priorités ont été posées : intensifier le dialogue stratégique entre Lomé et Washington, construire des partenariats durables qui dépassent le modèle de l’aide au développement, et établir une connexion directe et structurée entre le Togo, sa diaspora et la communauté afro-américaine.
La rencontre a également permis d’afficher une convergence politique forte autour de l’initiative CorrectTheMap, portée par le Togo à l’échelle internationale. Cette campagne plaide pour l’abandon de la projection de Mercator, qui minimise artificiellement la taille de l’Afrique sur les cartes du monde, au profit d’une représentation plus juste du continent.
« Pour Lomé, ce n’est pas une question de carte, c’est une question de regard sur l’Afrique », confie une source proche de la délégation.
Lomé, trait d’union entre l’Afrique et l’Amérique
Cette démarche illustre la nouvelle doctrine diplomatique voulue par le Togo : une diplomatie économique, culturelle et mémorielle qui ne se limite plus aux chancelleries officielles, mais qui va à la rencontre des diasporas, des entrepreneurs et des élus d’influence.
En s’invitant au CBC, Robert Dussey ne vient pas simplement présenter le Togo. Il positionne Lomé comme une porte d’entrée crédible et un trait d’union naturel entre l’Afrique et les États-Unis, à un moment où Washington cherche à redéfinir en profondeur son partenariat avec le continent.






