Les mutilations génitales féminines (MGF), communément appelées excision, demeurent une pratique portant atteinte à l’intégrité physique, à la dignité et aux droits des filles et des femmes.
Au Togo, le gouvernement poursuit ses efforts pour parvenir à l’abandon définitif de cette pratique à travers le renforcement du cadre juridique, la sensibilisation et la mobilisation des acteurs communautaires.
Dans un entretien, Madame Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, aborde les causes et les conséquences de l’excision, les sanctions prévues par la loi et les initiatives de mobilisation engagées pour favoriser son abandon définitif au Togo.
Selon l’article 218 du nouveau Code pénal togolais, les mutilations génitales féminines désignent toute ablation partielle ou totale des organes génitaux externes des filles, des fillettes, des jeunes filles ou des femmes, ainsi que toute autre opération concernant ces organes.
Les interventions chirurgicales effectuées sur prescription médicale sont exclues de cette définition.
Selon elle, l’excision peut entraîner de nombreuses complications sanitaires et psychologiques.
« Parmi les conséquences évoquées figurent les douleurs aiguës, les hémorragies pouvant conduire au décès, les infections récurrentes des voies urinaires, l’infécondité, les règles douloureuses ainsi que les complications pendant la grossesse et l’accouchement.
Cette pratique peut également affecter la santé mentale des victimes, notamment à travers la perte de l’estime de soi, la dépression et l’anxiété » a-t-elle lancé.
Les données présentées font état d’une baisse du taux de mutilations génitales féminines chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, passé de 5 % à 3,1 %. Chez les enfants de 0 à 14 ans, ce taux est passé de 1 % à 0,3 %.
Pour consolider ces progrès, les actions de sensibilisation sont renforcées auprès des leaders communautaires. La formation du personnel médical, notamment des sages-femmes et des pédiatres, contribue également à la détection des cas chez les nouveau-nés.
Le Togo dispose de la loi n° 98-016 du 17 novembre 1998 portant interdiction des mutilations génitales féminines. Les dispositions de cette loi ont été reprises dans le nouveau Code pénal de 2015.
D’autres mécanismes ont également été mis en place, notamment les centres d’écoute, les maisons de la femme, les centres intégrés de prise en charge (one-stop centers) et les lignes vertes de dénonciation.
La déclaration de Notch en 2013, signée par les leaders traditionnels et religieux, illustre par ailleurs leur engagement en faveur de l’abandon des pratiques préjudiciables aux enfants.
À l’endroit des parents et de l’ensemble de la population, un appel est lancé pour abandonner définitivement l’excision et signaler les cas identifiés. Les organisations de la société civile sont encouragées à intensifier leurs actions de terrain aux côtés du gouvernement.
Les médias sont également invités à poursuivre leur rôle d’information et de sensibilisation afin de contribuer à l’objectif de 0 % de mutilations génitales féminines au Togo.






