L’Association des personnes Sourdes du Togo (AST) a tenu, vendredi 25 septembre 2026 à Lomé, une conférence de presse consacrée à la Semaine mondiale des personnes sourdes.

Cette rencontre visait à informer l’opinion publique sur les activités prévues au Togo autour de cet événement, placé sous le thème mondial « Déclarer les droits humains des personnes sourdes ». Au niveau national, le thème retenu est « Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes ».
Cette édition revêt une importance particulière puisqu’elle coïncide avec les 50 ans de l’introduction de la langue des signes au Togo. Selon l’AST, celle-ci est arrivée dans le pays en octobre 1976 grâce au feu Dr Andrew Foster. Depuis, la Langue des Signes Togolaise (LST) a contribué à l’éducation, à la communication et à l’intégration sociale des personnes sourdes.
À cette occasion, la communauté sourde togolaise appelle à une meilleure reconnaissance de ses droits, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’emploi et de l’accès à l’information. L’AST considère la langue des signes comme une langue à part entière et estime que son accès constitue une condition essentielle à l’exercice des droits fondamentaux des personnes sourdes.

« La langue des signes n’est pas une faveur, c’est un droit. C’est une langue à part entière, le pilier essentiel de notre dignité et de notre citoyenneté. Sans accès à la langue des signes, les portes de l’éducation, de la santé, de l’emploi, de la justice et de l’information restent désespérément fermées à des milliers de Togolaises et de Togolais sourds », a déclaré le président de l’AST, PASSOKI DJANTA D. Marcel.
L’association demande notamment à l’État togolais d’accélérer la reconnaissance officielle de la Langue des Signes Togolaise et de renforcer la présence d’interprètes professionnels dans les services publics.
Elle invite également les médias à intégrer systématiquement l’interprétation en langue des signes dans les journaux télévisés et les grands événements. « À l’État togolais, nous demandons la reconnaissance officielle de la Langue des Signes Togolaise et la présence d’interprètes qualifiés dans nos institutions publiques », a indiqué le président.
L’AST met également en avant plusieurs avancées, dont l’adaptation du curriculum pour l’enseignement de la langue des signes au Togo et les démarches en faveur de la déclaration officielle de la LST. « À l’ensemble de nos concitoyens, nous lançons une invitation à apprendre les signes de base pour briser définitivement l’isolement de nos frères et sœurs sourds », a ajouté PASSOKI DJANTA D. Marcel, appelant aussi les médias à contribuer à l’accessibilité de l’information.

Le point culminant des célébrations est prévu le vendredi 16 octobre 2026, à partir de 8h30, dans la grande salle de l’Agora Senghor de Lomé. Cette cérémonie, organisée en différé, marquera à la fois l’apothéose de la Semaine mondiale des personnes sourdes et le jubilé d’or de la Langue des Signes Togolaise. Plusieurs activités culturelles en langue des signes sont annoncées au programme.






