Togo : Justin Motchosso Matitoma décroche un master en résilience agricole avec une étude sur les pesticides à Lomé

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Le Secrétaire permanent de l’Association des organisations de commerce transfrontalier et d’agriculture (AOCTAH), Justin Motchosso Matitoma, a brillamment soutenu son Master professionnel en Production végétale et résilience agricole (PVRA) à l’École supérieure d’agronomie de l’Université de Lomé.

Réalisé avec l’appui du Laboratoire Interface Sciences du Sol, Climat et Production Végétale (LISSCPV), son mémoire met en lumière les risques liés à l’utilisation des pesticides dans le maraîchage urbain et périurbain informel à Lomé.

Intitulé « Les pratiques phytosanitaires dans le maraîchage urbain et périurbain informel à Lomé : risques et impacts sur la santé humaine et la sécurité alimentaire urbaine », ce travail de recherche s’intéresse aux pratiques des producteurs, aux conditions d’utilisation des produits phytosanitaires et aux conséquences potentielles sur la santé des populations.


Pour justifier le choix de ce sujet, le lauréat souligne que les légumes frais commercialisés sur les marchés proviennent en grande partie de circuits maraîchers informels, caractérisés notamment par une faible traçabilité et des pratiques encore insuffisamment documentées. Il rappelle également que, dans l’espace CEDEAO, les échanges informels représentent entre 75 et 85 % des flux alimentaires.


Une enquête auprès des producteurs et des consommateurs


Pour mener à bien son étude, Justin Motchosso Matitoma a réalisé des enquêtes auprès de 51 producteurs maraîchers installés dans plusieurs localités, notamment Baguida, Kpogan et Avépozo.

L’investigation a également concerné 358 consommateurs fréquentant quatre marchés de Lomé : Hanoukopé, Abattoir, Klikamé et Gbossimé.
Les données ont été recueillies à l’aide de l’application KoboCollect, puis traitées et analysées avec le logiciel SPSS.

Cette démarche a permis d’examiner les habitudes d’utilisation des pesticides, les mesures de protection adoptées par les producteurs et les préoccupations des consommateurs face aux risques liés aux résidus chimiques dans les aliments.


Des pratiques phytosanitaires préoccupantes


Les résultats de la recherche révèlent plusieurs insuffisances dans la gestion des produits phytosanitaires. Plus de 88 % des producteurs interrogés s’approvisionnent en pesticides par des circuits informels, tandis que les insecticides représentent 60 % des formulations utilisées.

En matière de protection individuelle, seuls 60,8 % des producteurs déclarent porter des équipements de protection. Des disparités importantes apparaissent toutefois entre les sites étudiés : cette proportion atteint 93,3 % à Baguida, contre seulement 5,9 % à Kpogan.

Le respect des délais de carence, période à observer entre le dernier traitement phytosanitaire et la récolte, constitue également un défi. Selon l’étude, 47,1 % des producteurs ne respectent pas systématiquement ce délai. Les résultats indiquent néanmoins que ceux qui connaissent cette règle ont davantage tendance à l’appliquer.

L’étude relève par ailleurs que l’utilisation d’instruments de mesure précis, notamment la balance, favorise un meilleur respect des doses recommandées. En revanche, le recours aux vendeurs d’intrants comme principale source de conseil, cité par 47 % des producteurs, souligne l’importance de renforcer l’accompagnement technique des maraîchers.


Les consommateurs également préoccupés

Les risques liés aux pratiques phytosanitaires ne concernent pas uniquement les producteurs. Du côté des consommateurs interrogés, 85,9 % expriment des inquiétudes au sujet des pesticides, tandis que 22,6 % déclarent avoir ressenti des effets indésirables qu’ils associent à leur utilisation.

Ces résultats mettent en évidence les préoccupations sanitaires entourant la production et la commercialisation des légumes frais. Ils soulignent également la nécessité de mieux informer les consommateurs sur les précautions à prendre et de renforcer les mécanismes de contrôle tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

« Les contraintes économiques, l’accès à l’information et les normes sociales jouent aussi un rôle déterminant dans les comportements. Les risques ne se situent pas qu’au champ, ils traversent toute la chaîne de distribution informelle », explique le lauréat.

Des solutions intégrées pour une agriculture plus sûre

Face à ces constats, Justin Motchosso Matitoma préconise une approche globale reposant sur plusieurs leviers. Il recommande notamment le renforcement des capacités des producteurs, une meilleure régulation de la commercialisation des intrants phytosanitaires et un accompagnement technique plus efficace.

La sensibilisation des consommateurs, notamment dans les langues locales, ainsi qu’une structuration progressive des filières maraîchères informelles figurent également parmi les pistes avancées.
Pour approfondir les résultats de ses travaux, le chercheur envisage de compléter les enquêtes par des analyses de résidus de pesticides dans les légumes, l’eau d’irrigation et les sols. Il souhaite également identifier des mesures concrètes et adaptées aux réalités des marchés.

À travers cette recherche, Justin Motchosso Matitoma apporte une contribution à la réflexion sur la sécurité sanitaire des aliments, la protection de la santé humaine et l’amélioration des pratiques maraîchères à Lomé.

Ses conclusions soulignent l’importance de concilier les besoins d’approvisionnement des populations en légumes frais avec des exigences accrues de sécurité alimentaire et de durabilité agricole.

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