La filière café-cacao au Togo vise une production d’une tonne à l’hectare grâce à l’agroforesterie, l’innovation et une fertilisation adaptée.

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Pour mieux faire connaître les enjeux et les perspectives de ces filières stratégiques, café et cacao, des journalistes ont été réunis à Kpalimé par le Comité de coordination des filières café-cacao (CCFCC). À cette occasion, Dr Koffi Adden, ingénieur agronome et secrétaire administratif du comité a expliqué les stratégies à adopter pour y arriver.

Bonjour Dr koffi Adden. Vous êtes ingénieur agronome et secrétaire administratif du Comité de coordination pour les filières café-cacao. Vous êtes actuellement à Kpalimé avec des professionnels des médias. Pourquoi cette rencontre ?

Merci pour cette question. Cette rencontre vise à permettre aux journalistes de mieux connaître les filières café et cacao, de leur histoire à leurs activités actuelles. Nous voulons réfléchir ensemble aux moyens de rendre plus visibles les actions menées dans ces filières et d’accompagner les acteurs afin qu’ils soient toujours plus performants.
Nous avons abordé plusieurs thématiques : l’identification des plantations, les caractéristiques du café et du cacao marchands, ainsi que les différentes étapes de production. Des visites de terrain ont également été organisées afin de permettre aux participants de mieux comprendre la réalité des producteurs et des autres acteurs de la chaîne de valeur.
Nous avons aussi présenté la place du Togo sur le marché international et les raisons pour lesquelles notre pays participe aux évaluations internationales de qualité. Enfin, nous avons échangé avec les médias sur les perspectives de communication pour le développement de ces filières.

Du champ à la tasse, que peut-on retenir du parcours du café et du cacao togolais ?

Tout commence avec les producteurs. Les récoltes sont ensuite achetées, collectées et centralisées par les acheteurs avant d’être mises à la disposition des exportateurs.
Parallèlement à l’exportation, plusieurs transformateurs locaux valorisent ces produits sur place. Ils fabriquent du café et du cacao de qualité que nous distribuons sur le marché national. Nous encourageons fortement la consommation locale. D’ailleurs, lors des pauses de cette rencontre, les participants ont dégusté du café et du cacao transformés au Togo.
Du producteur au consommateur, nous sommes tous concernés. Consommer ce que nous produisons contribue à améliorer les revenus de nos producteurs et à renforcer l’économie nationale.

Comment se portent aujourd’hui les filières café et cacao au Togo ? Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ?

Les filières se portent bien. Nous disposons d’environ 40 000 hectares de caféiers et près de 25 000 hectares de cacaoyers.
Les rendements progressent régulièrement. Il y a une dizaine d’années, ils variaient entre 250 et 350 kilogrammes à l’hectare. Aujourd’hui, nous atteignons en moyenne entre 550 et 650 kilogrammes à l’hectare.
Notre objectif est désormais de porter ces rendements à au moins une tonne par hectare pour les deux cultures.

Les défis environnementaux sont de plus en plus préoccupants. Quelle est la situation dans les filières café-cacao ?

Depuis une quinzaine d’années, nous avons fait le choix de promouvoir l’agroforesterie. Nos plantations sont développées sous couvert arboré, avec des arbres d’ombrage qui contribuent à préserver les écosystèmes.
Cependant, les effets du changement climatique demeurent une préoccupation majeure. Nous travaillons activement sur cette question. Il y a quelques semaines, une rencontre a été organisée avec les acteurs de la filière et la FAO afin de poser les bases d’une stratégie de résilience et d’adaptation au changement climatique.

Cinq formules d’engrais adaptées aux cultures caféières et cacaoyères ont été évoquées lors de l’atelier. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

En collaboration avec les acteurs de la filière, l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), le ministère de l’Agriculture et notre partenaire l’IFDC, nous avons développé cinq formules d’engrais spécifiques.

Des essais préliminaires ont déjà été réalisés et une formule particulièrement prometteuse a été retenue. Les commandes nécessaires sont en cours. Dès l’année prochaine, des tests multilocaux seront conduits dans différentes plantations afin d’évaluer les performances de ces engrais.
Dans trois ans environ, nous disposerons de résultats suffisamment fiables pour mesurer leur impact sur la productivité avant une éventuelle diffusion à grande échelle.

Quels sont les risques pour un producteur qui utilise des engrais achetés à l’étranger, notamment au Ghana ?

Le principal risque est d’utiliser une formule qui ne correspond pas aux besoins spécifiques de nos sols et de nos plantations.
Un engrais non adapté peut favoriser un développement excessif du feuillage sans pour autant améliorer la production de cabosses. Le producteur investit alors sans obtenir le rendement attendu. C’est pourquoi il est important de promouvoir des formules conçues à partir des réalités agronomiques togolaises.

Merci à vous.

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