À Lomé, une conférence consacrée à la négociation internationale s’est tenue ce dimanche 5 avril 2026 à l’initiative de Kokou Tewou, directeur général de la société Agro Vision, en partenariat avec la société Proative basée à Bruxelles.

Cette rencontre vise à répondre à un constat largement partagé : la faible présence des Africains dans les sphères de négociation et d’intermédiation sur le marché mondial, malgré les importantes ressources agricoles dont regorge le continent.
Pour Kokou Tewou, cette situation constitue un paradoxe. L’Afrique, riche en terres fertiles et en matières premières, reste en marge des grandes décisions commerciales internationales. Dans bien des cas, ce sont encore des acteurs européens ou asiatiques qui assurent la commercialisation et la valorisation des produits africains.


Face à ce déséquilibre, les organisateurs ont choisi de réunir des experts africains basés en Europe afin de partager leurs expériences, d’éclairer les participants et de susciter une nouvelle dynamique.
L’objectif principal de cette conférence est de provoquer une prise de conscience chez les participants. Il s’agit de leur faire comprendre qu’ils peuvent, même depuis le Togo, se positionner comme intermédiaires entre les producteurs locaux, les coopératives et les acheteurs internationaux.
Une opportunité que Kokou Tewou qualifie de « levier stratégique » pour développer des activités économiques à portée mondiale, sans nécessairement quitter le territoire. Selon lui, cette approche peut contribuer à dynamiser l’économie nationale tout en valorisant les ressources locales.
En parallèle, la rencontre aborde également la problématique de l’immigration irrégulière. Les organisateurs entendent sensibiliser les participants aux dangers liés aux parcours migratoires non encadrés, souvent marqués par des drames humains. Des interventions spécifiques sont prévues pour informer et orienter sur les voies d’une migration légale, sûre et structurée.

Parmi les intervenants, Josette Kameni, négociante en matières premières africaines installée en Belgique, a livré un témoignage marquant. Elle a évoqué son parcours et les difficultés rencontrées à ses débuts, notamment l’absence des Africains dans les circuits internationaux de commerce.
Selon elle, cette réalité s’explique en grande partie par un déficit de formation et d’information, les systèmes éducatifs étant davantage orientés vers la recherche d’emploi que vers l’entrepreneuriat.
Engagée dans la formation depuis plusieurs années, elle œuvre aujourd’hui à transmettre ses connaissances aux jeunes et aux producteurs africains. Elle met notamment en avant le rôle clé de l’intermédiation, qui consiste à connecter les producteurs locaux aux acheteurs internationaux. Grâce aux outils numériques, souligne-t-elle, il est désormais possible d’accéder aux marchés mondiaux sans quitter son pays.
Toutefois, elle regrette que ces plateformes soient encore sous-utilisées à des fins d’exportation.
Josette Kameni insiste également sur les exigences du commerce international, qui repose sur des normes précises, notamment en matière de documentation, de certification et de traçabilité. Des aspects souvent mal maîtrisés par les acteurs locaux, mais qui peuvent être surmontés avec un accompagnement adapté.


Se voulant rassurante, elle affirme que ces contraintes ne constituent pas des obstacles insurmontables. Selon elle, la réussite dans ce domaine repose davantage sur l’accès à l’information et à la formation que sur la détention de diplômes. Elle lance ainsi un appel à la jeunesse africaine à s’informer, à se former et à tirer parti des opportunités offertes par le commerce international.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent poser les bases d’un engagement nouveau, où les Africains joueront un rôle plus actif dans la valorisation et la commercialisation de leurs propres ressources sur la scène mondiale.




