L’Afrique veut franchir un nouveau cap dans l’accès à l’électricité. À travers l’initiative Mission 300, les partenaires internationaux ambitionnent de connecter 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici 2030.
Pour atteindre cet objectif, plus de 50 milliards de dollars d’engagements financiers ont été annoncés.
Ces annonces ont été faites lors du Sommet africain de l’énergie de Dar es Salaam, en Tanzanie, en janvier 2025. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) ont, à elles seules, prévu de mobiliser environ 48 milliards de dollars jusqu’en 2030 pour soutenir les projets liés à l’accès à l’énergie.
D’autres partenaires ont également annoncé leur contribution. L’Agence française de développement prévoit ainsi 1 milliard d’euros, tandis que la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures a annoncé entre 1 et 1,5 milliard de dollars. La Banque islamique de développement s’est engagée à hauteur de 2,65 milliards de dollars, alors que le Fonds de l’OPEP prévoit 1 milliard de dollars.
Ces montants ne correspondent toutefois pas tous à des financements déjà disponibles. Il convient de distinguer les annonces, les financements officiellement approuvés et les sommes effectivement décaissées.
Au 16 juin 2026, la Banque mondiale et la BAD avaient engagé près de 15 milliards de dollars dans des projets associés à Mission 300. À cela s’ajoutaient environ 4,5 milliards de dollars de cofinancements mobilisés auprès d’autres partenaires.
La réussite de l’initiative dépendra également de l’implication des États africains. Les gouvernements restent responsables de la conduite des réformes, de la préparation des projets, de l’organisation des appels d’offres et du suivi des compagnies nationales d’électricité.
Le secteur privé et les compétences au cœur du dispositif
Le secteur privé est appelé à jouer un rôle majeur en apportant des capitaux, des technologies et des solutions adaptées, notamment dans les zones rurales et difficiles d’accès. Les garanties publiques et les financements concessionnels doivent contribuer à réduire les risques et à encourager davantage d’investissements privés.
Mais au-delà des infrastructures et des financements, Mission 300 nécessite aussi des ressources humaines qualifiées. Ingénieurs, techniciens, installateurs de systèmes solaires, spécialistes du stockage d’énergie, juristes, économistes, experts environnementaux, financiers et agents de maintenance seront indispensables à la réalisation des projets.
Enfin, le suivi des engagements nationaux constituera un autre facteur déterminant. Les pactes énergétiques adoptés par les pays devront faire l’objet d’une évaluation régulière afin de mesurer les progrès, repérer les retards et réorienter les actions lorsque cela sera nécessaire.
Avec Mission 300, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à mobiliser des milliards de dollars, mais à transformer ces financements en réseaux, centrales, mini-réseaux et solutions énergétiques concrètes pour les populations africaines.








