Un atelier régional sur le projet PROTECT a été lancé ce mercredi 4 novembre 2026 à Lomé. Cette rencontre de deux jours réunit huit pays du Golfe de Guinée autour du renforcement des capacités opérationnelles, du partage d’expériences et de la coopération transfrontalière pour lutter efficacement contre la traite des êtres humains.

En effet, la lutte contre la traite des êtres humains nécessite une réponse concertée, adaptée aux nouvelles formes d’exploitation et aux défis sécuritaires actuels. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’atelier régional de lancement du projet PROTECT, ouvert ce mercredi 4 novembre à Lomé.
Placée sous le thème « Prévenir la traite des êtres humains par le renforcement opérationnel, le transfert de savoir-faire, l’échange entre partenaires et la coopération transfrontalière », cette rencontre ambitionne de consolider les mécanismes de lutte à l’échelle nationale et régionale.
Mis en œuvre par Expertise France avec le financement de l’Agence française de développement (AFD), le projet PROTECT couvre une période de quatre ans, de novembre 2025 à octobre 2029. Il intervient dans cinq pays, à savoir le Bénin, la Guinée, le Nigéria, la Sierra Leone et le Togo, avec une composante régionale impliquant également la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Liberia.
Dans le cadre de sa phase de démarrage, Expertise France, en collaboration avec les institutions nationales chargées de la coordination de la lutte contre la traite des êtres humains, a réalisé neuf diagnostics de base. Ces études ont porté sur les différentes manifestations de la traite, le fonctionnement de la chaîne pénale ainsi que l’intégration de la dimension genre dans les stratégies de lutte.
Validés au niveau national, les résultats de ces travaux ont permis de formuler des recommandations qui ont été intégrées aux plans d’action du projet dans les pays concernés.
L’atelier régional constitue ainsi une occasion de partager les conclusions de ces diagnostics, d’en tirer des enseignements communs et de renforcer les synergies entre les différents acteurs.
Les travaux de l’atelier seront articulés autour de panels thématiques consacrés aux défis émergents de la traite des êtres humains dans le Golfe de Guinée. Les discussions porteront notamment sur l’utilisation croissante des technologies numériques par les réseaux criminels pour recruter, exploiter et piéger leurs victimes.
Les participants examineront également les réponses développées par les acteurs nationaux et régionaux face à ces nouvelles pratiques. Un cas pratique d’intervention au Nigéria permettra d’illustrer les possibilités offertes par les outils numériques dans la lutte contre la traite.



La collaboration entre les structures spécialisées dans la lutte contre la cybercriminalité et les institutions engagées dans la prévention de la traite sera également au centre des réflexions.
L’objectif est de favoriser le transfert de compétences, de valoriser les expériences réussies et de promouvoir des mécanismes de coopération plus efficaces.
À l’ouverture des travaux, la Directrice adjointe du département Gouvernance d’Expertise France, Mme Tiguida Camara, a souligné l’approche globale du projet PROTECT, qui associe prévention, protection des victimes, répression et renforcement de la chaîne pénale. Elle a également insisté sur la place centrale accordée aux acteurs nationaux dans le pilotage des interventions, afin que les actions engagées répondent aux priorités et aux stratégies définies par les États partenaires.
Représentant la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, le directeur de cabinet Dr MINZA Mazama-Esso, a rappelé la gravité de la traite des êtres humains, qu’il considère comme une violation majeure des droits fondamentaux. Il a notamment relevé que les femmes, les enfants et les personnes vulnérables demeurent particulièrement exposés aux réseaux criminels de plus en plus organisés.
Face à l’intensification des mouvements migratoires et à l’évolution des pratiques criminelles liées au numérique, il a plaidé pour des réponses coordonnées, innovantes et orientées vers des résultats concrets.
Le représentant du gouvernement a par ailleurs réaffirmé l’engagement du Togo dans le renforcement de son cadre juridique, institutionnel et opérationnel de lutte contre la traite. Les efforts de coordination entre les acteurs ainsi que les mécanismes de protection des victimes s’inscrivent, selon lui, dans la volonté des autorités de promouvoir une société plus sûre, plus juste et inclusive.

Le projet PROTECT entend agir sur plusieurs leviers complémentaires afin de renforcer durablement les capacités des institutions et des acteurs impliqués. Son intervention s’articule autour de cinq axes majeurs notamment le renforcement institutionnel et opérationnel, pour améliorer la coordination nationale et l’efficacité des interventions, l’appui à la chaîne pénale, à travers le développement des capacités d’enquête, de poursuite et d’application des textes en vigueur ; la prévention, la protection et la réinsertion des victimes, avec une attention particulière au genre et aux besoins spécifiques des survivants ; la coopération régionale et transfrontalière, afin de faciliter le partage d’informations et de coordonner les actions contre les réseaux criminels, la gestion et l’exploitation des données, pour améliorer la connaissance du phénomène et orienter les politiques publiques.
Durant les deux jours, les experts et représentants institutionnels devront également examiner les enjeux liés à la gestion des données, aux questions de genre et aux nouvelles formes de traite. Les travaux permettront, en outre, de définir et d’adopter les principaux outils de gouvernance et de planification nécessaires à la mise en œuvre du projet.
Pour Dr MINZA Mazama-Esso, la réussite de PROTECT dépendra avant tout de la mobilisation durable de l’ensemble des parties prenantes, notamment les gouvernements, les institutions judiciaires et sécuritaires, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés locales.
Il a exprimé la reconnaissance du gouvernement togolais à l’endroit de l’AFD pour son soutien financier et d’Expertise France pour son accompagnement technique, tout en saluant la contribution des institutions régionales et des organisations spécialisées, notamment la CEDEAO et l’ICMPD.

il a appelé les participants à faire de cet atelier un cadre de partage d’expériences et de formulation de solutions innovantes.
À travers PROTECT, les pays partenaires entendent ainsi renforcer leur capacité à prévenir la traite des êtres humains, à mieux protéger les victimes et à poursuivre les auteurs, tout en consolidant une coopération régionale indispensable face à un phénomène qui transcende les frontières.





