Les professeurs titulaires admis au concours du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ont organisé, ce jeudi 2 juillet 2026, un sit-in au grand rond-point du campus sud de l’Université de Lomé.
Tous dans leur toge universitaire, ceux-ci ont marché sur le campus avant de rejoindre le rond-point universitaire où a été observé leur sit-in.

À travers cette mobilisation, ils réclament la signature de leurs décrets de nomination, une formalité administrative qui conditionne l’accès aux droits statutaires, financiers et professionnels liés à leur nouveau grade.
Au total, 83 enseignants-chercheurs, promus au grade de professeur titulaire depuis 2021, affirment attendre toujours leur nomination officielle. Une attente qu’ils jugent anormale et préjudiciable, d’autant plus que certains de leurs collègues sont déjà partis à la retraite, tandis que d’autres sont décédés avant de voir leur situation régularisée.
Par cette action, les universitaires interpellent les autorités de l’Université de Lomé, le ministère de l’Enseignement supérieur et les plus hautes autorités de l’État afin qu’une réponse rapide soit apportée à leurs revendications.

Le professeur de géologie à la Faculté des sciences de l’Université de Lomé, Yao Agbossoumondé, estime que le dossier doit désormais être examiné au plus haut niveau de l’État.
Selon lui, la signature du décret de nomination relève de la compétence du Président du conseil. Il regrette que plusieurs enseignants quittent la fonction publique sans avoir bénéficié de la reconnaissance administrative correspondant à leur grade, ce qui les prive des avantages liés au statut de professeur titulaire, notamment au moment de leur départ à la retraite.
Le professeur Mafobatchi Nantob, titulaire en sociologie urbaine et du changement social, partage la même inquiétude. Il dénonce une attente qu’il juge incompréhensible, alors que les enseignants promus dans les autres pays membres du CAMES bénéficient déjà pleinement des droits attachés à leur promotion.



Le sociologue rappelle que les professeurs concernés assument leurs responsabilités de professeurs titulaires depuis plusieurs années sans percevoir les avantages financiers correspondant à leur grade.
À ses yeux, cette situation traduit un manque de reconnaissance envers des enseignants-chercheurs qui assurent la formation des cadres du pays et participent au développement de l’enseignement supérieur.
Il déplore également ce qu’il considère comme une inégalité de traitement entre les universités publiques togolaises. Selon lui, des enseignants de l’Université de Kara, promus lors de la même session du CAMES en 2021, ont obtenu leur décret de nomination, contrairement à leurs homologues de l’Université de Lomé.
Au-delà de cette revendication, les enseignants réclament également leur prise en compte dans les différentes revalorisations de la valeur indiciaire accordées aux fonctionnaires ces dernières années. Ils estiment avoir été injustement exclus de ces mesures alors qu’ils relèvent de la fonction publique.
Les manifestants préviennent que cette première mobilisation marque le début d’un mouvement plus large. Faute de réponse satisfaisante, ils annoncent de nouvelles actions et s’écartent pas un durcissement du mouvement à l’approche de la prochaine rentrée universitaire.

À travers ce sit-in, les professeurs titulaires entendent obtenir la reconnaissance administrative qu’ils estiment mériter depuis leur admission au CAMES. Après près de cinq années d’attente, ils espèrent une décision rapide des autorités afin de mettre un terme à une situation qui affecte aussi bien leur carrière que le bon fonctionnement de l’enseignement supérieur public.






