La 13ᵉ édition du Festival de Films Émergence a été officiellement lancée ce 7 novembre 2026 à Lomé.
Labellisée cette année « Festival Nomade », cette nouvelle édition prend une dimension internationale avec la participation de nombreux professionnels du cinéma venus du Togo, de plusieurs pays africains et d’Europe.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, de l’ambassadeur de l’Union européenne, de représentants de l’ambassade de France, ainsi que de nombreux acteurs du septième art et cinéphiles.
Cette édition s’inscrit dans le cadre du programme Togo Créatif, soutenu par l’Union européenne au Togo et mis en œuvre par l’Institut français et le Goethe-Institut. Ce dispositif vise à accompagner des festivals culturels déjà bien implantés, en favorisant leur développement à travers des partenariats et des coproductions avec des événements européens.

Pour cette 13ᵉ édition du Festival Émergence, qui marque également la 4ᵉ édition du Festival Nomade, un partenariat a ainsi été établi avec le Festival français Off-Cour. Une collaboration qui renforce considérablement l’ouverture internationale de l’événement.
« Cette collaboration apporte une dimension européenne beaucoup plus importante à notre événement. Habituellement, nous accueillons régulièrement des participants de certaines nationalités, notamment françaises. Mais cette année, nous avons reçu davantage de professionnels européens. Nous avons également invité des professionnels africains venus de plusieurs pays, en nombre plus important que lors des précédentes éditions », a expliqué Joël Tchedre, commissaire du Festival Émergence.
Au total, près de 150 participants prennent part aux différentes activités. Professionnels du cinéma, réalisateurs, producteurs et passionnés sont mobilisés autour d’un programme comprenant des ateliers de formation, des projections de films en compétition, des cartes blanches, des masterclass et des rencontres professionnelles.

La compétition constitue l’un des temps forts de cette édition. Elle s’articule autour de deux grandes catégories : les courts métrages et les longs métrages.
Dans la catégorie des longs métrages, plusieurs distinctions seront décernées, dont le Grand Prix et des récompenses portant les noms de grandes figures du cinéma togolais.
Le prix du meilleur long métrage de fiction sera notamment baptisé « Prix Abalo Kilesu ». Il sera accompagné d’une enveloppe de 500 000 FCFA offerte par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Du côté des courts métrages, trois distinctions sont prévues : le prix du meilleur court métrage de fiction, celui du meilleur court métrage documentaire et le prix récompensant la meilleure qualité d’image.
Le festival accorde également une place importante à la relève et à l’accompagnement des jeunes créateurs. Des auteurs et réalisateurs développent actuellement leurs projets au sein d’un laboratoire de création organisé dans le cadre de l’événement.
Ils auront l’occasion de défendre leurs idées lors d’une séance de pitch. À l’issue de cet exercice, les deux meilleurs projets recevront des bourses de développement offertes par Canal+, afin de soutenir l’écriture et la maturation de leurs scénarios.
Pour le commissaire du festival, Joël Tchedre, cette rencontre constitue une occasion précieuse pour le public togolais de découvrir des œuvres et des professionnels auxquels il n’a pas toujours accès.
« Le festival permet de réunir des professionnels venus de très loin et de faire découvrir au public des films rarement diffusés à la télévision ou accessibles sur les réseaux sociaux. Ce sont souvent des œuvres que l’on ne peut découvrir que dans le cadre des festivals. C’est pourquoi nous invitons le public à profiter de cette opportunité », a lancé Joël Tchedre.

Dans cette dynamique, les organisateurs invitent les cinéphiles et tous les passionnés du septième art à effectuer le déplacement à la Bluezone pour prendre part aux différentes activités. Les projections sont gratuites et ouvertes à tous du 9 au 11 novembre 2026.
Présent à la cérémonie d’ouverture, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, a exprimé son attachement au septième art et à la place qu’il occupe dans la société.
Pour lui, le cinéma constitue bien plus qu’un simple divertissement. Il est un moyen de découverte, de transmission des émotions et de compréhension de soi et des autres.
« À travers les histoires racontées, les émotions exprimées et les personnages incarnés par les acteurs, nous reconnaissons parfois une part de nous-mêmes. Le cinéma nous permet ainsi de voyager, de comprendre les autres et, parfois, de mieux nous comprendre nous-mêmes », a-t-il souligné.
Saluant le travail des acteurs et des créateurs, le ministre a insisté sur leur capacité à donner vie aux imaginaires, à raconter les réalités humaines et à faire résonner les histoires sur grand écran.
Il a également mis en avant le potentiel créatif du Togo, estimant que les talents présents témoignent d’une véritable ambition nationale en matière de cinéma.
Toutefois, selon Isaac Tchiakpé, cette créativité doit désormais franchir une nouvelle étape et s’inscrire dans une véritable dynamique de développement industriel.
« L’avenir de notre cinéma reposera sur la formation, la professionnalisation, le soutien à la production, l’accès au financement ainsi que le développement des circuits de diffusion », a-t-il indiqué.



Dans cette perspective, il a présenté la participation du Togo au FESPACO 2027, en mars prochain, en qualité de pays invité d’honneur, comme une occasion historique à saisir pour donner un nouvel élan au cinéma national.
Le gouvernement entend ainsi accompagner les professionnels du secteur afin de transformer cette reconnaissance en opportunités concrètes afin de promouvoir les réalisateurs togolais, valoriser les œuvres nationales, développer les coproductions, attirer les investissements et consolider les partenariats internationaux.
« Le gouvernement entend accompagner cette ambition et faire du cinéma un véritable moteur de création d’emplois et de rayonnement culturel », a affirmé le ministre, avant de saluer les organisateurs pour leur engagement et leur contribution au développement de l’industrie cinématographique togolaise.
Le festival se poursuit entre découvertes culturelles et projections

Au-delà des projections et des rencontres professionnelles, cette édition prévoit également des activités de découverte du patrimoine national. L’équipe d’organisation et plusieurs acteurs du cinéma effectueront notamment un déplacement à Aného, ville historique du Togo, pour une visite touristique.
Par ailleurs, les salles de projection retrouveront leur animation à partir du 9 novembre au village du festival, installé à la Bluezone, avec la présentation des films en compétition.
La soirée a permis aux cinéphiles de suivre et de se régaler avec 9 films très émouvant et attractive qui ont marqué la curiosité l’envie des participants.
Entre ouverture internationale, formation, valorisation des talents et perspectives de professionnalisation, cette 13ᵉ édition du Festival Émergence entend contribuer à renforcer la visibilité du cinéma togolais et africain, tout en créant de nouvelles passerelles entre les professionnels du continent et leurs homologues européens.





