La filière soja togolaise a officiellement ouvert, ce vendredi 6 novembre 2026 à Lomé, la campagne de commercialisation du soja graine et de ses produits dérivés pour la saison 2026-2027.
Cette huitième édition met l’accent sur la transformation locale, le financement durable et la conquête de nouveaux marchés, avec pour objectif de renforcer la compétitivité de la production nationale.

Placée sous le thème « Le soja togolais : transformer localement, financer durablement et conquérir les marchés de demain », la cérémonie a été présidée par Comlan Nomadoli Yakpey, secrétaire général du ministère du Commerce, représentant le ministre.
Elle a réuni les différents acteurs de la chaîne de valeur, notamment les producteurs, les transformateurs, les commerçants-exportateurs et les transporteurs.
L’un des principaux acquis de cette nouvelle campagne réside dans la signature des accords interprofessionnels entre les trois grandes familles de la filière. Ces engagements définissent les conditions de commercialisation, les obligations des acteurs ainsi que les mécanismes destinés à garantir un meilleur fonctionnement du marché.
Selon Gbegnewou Ayebou, président du Conseil interprofessionnel de la filière soja (CIFS), le prix plancher bord champ a été maintenu à 220 FCFA le kilogramme, à l’issue de concertations ayant abouti à un consensus entre les différentes parties prenantes. Le volume prévisionnel de commercialisation est, quant à lui, estimé à 300 000 tonnes, contre 250 000 tonnes lors de la précédente campagne.
Autre mesure importante, la priorité est accordée à l’approvisionnement des unités de transformation locales. Ainsi, pour le soja biologique, une période d’un mois, du 6 novembre au 5 décembre 2026, est réservée aux transformateurs pour leur permettre de constituer leurs stocks.
Pour le soja conventionnel, cette période s’étend sur deux mois et cinq jours, soit jusqu’au 31 janvier 2027.



La nouvelle campagne prévoit également un renforcement des dispositifs de traçabilité et de contrôle.
Chaque cargaison devra notamment être accompagnée d’un bordereau numérique Trace Soja et d’un document de transport délivré par l’acheteur. Des mesures de surveillance seront renforcées afin de lutter contre les opérations irrégulières et les exportations sans autorisation.
Les exportateurs devront par ailleurs justifier d’au moins 15 % d’intentions d’achat locales avant le retrait de leur agrément.
Pour préserver la qualité et la valeur du soja biologique togolais, un dispositif de suivi spécifique est également prévu, avec une confirmation du CIFS auprès des services douaniers pour les opérations d’exportation concernées.
Sur le plan financier, une contribution volontaire de 0,5 FCFA par kilogramme est maintenue sur les cargaisons à destination de Lomé. Prélevée automatiquement lors de l’établissement du bordereau sur la plateforme numérique, elle permettra de soutenir les actions stratégiques de développement de la filière.
Des comités de suivi et de veille ont également été institués pour surveiller l’évolution des prix, le respect des quotas et l’application des accords interprofessionnels.
Prenant la parole au nom du gouvernement, Comlan Nomadoli Yakpey a souligné que cette campagne intervient dans un contexte marqué par plusieurs défis, notamment la faible productivité, les difficultés d’accès aux intrants certifiés et aux financements adaptés, les problèmes de traçabilité ainsi que les exigences croissantes en matière de qualité et de certification à l’exportation.
Il a rappelé que les orientations gouvernementales visent une transformation structurelle de l’économie nationale, avec une meilleure intégration des filières agricoles et commerciales dans les chaînes de valeur mondiales.



Dans cette perspective, le développement de la filière soja passe nécessairement par l’amélioration des rendements, l’élargissement des superficies cultivées, l’accès aux intrants de qualité et la mobilisation de financements adaptés.
Le représentant du ministre a également insisté sur la nécessité d’accroître la transformation locale afin que le pays tire davantage de valeur ajoutée de sa production.
Il a notamment appelé les institutions financières et les partenaires au développement à accompagner les acteurs pour améliorer les performances de la filière, tout en renforçant la certification et la sécurisation des exportations de soja biologique.
Au terme de son intervention, il a félicité les producteurs, transformateurs, commerçants-exportateurs et transporteurs pour leur contribution au développement de cette chaîne de valeur.
Il a également salué le travail du Conseil interprofessionnel et de son secrétariat exécutif dans l’élaboration des accords conclus cette année.
Le gouvernement a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à la compagnie Mediterranean Shipping Company (MSC), sponsor officiel de cette édition, pour son accompagnement, avant d’inviter l’ensemble des acteurs au respect des dispositions réglementaires et des engagements contractuels.

Avec un objectif de 300 000 tonnes et un prix plancher maintenu à 220 FCFA le kilogramme, la campagne 2026-2027 entend consolider les acquis de la filière et accélérer sa mutation vers un modèle davantage tourné vers la transformation locale, la création de valeur et la compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux.





