À Lomé, l’OHADA relance le débat sur son financement pour renforcer son autonomie

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Vingt ans après sa dernière session spéciale consacrée à cette question, l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) remet au centre des discussions le financement de ses activités.

Réunis à Lomé, experts et responsables financiers des États membres réfléchissent à des solutions durables pour garantir à l’institution plus d’autonomie et d’efficacité dans sa mission d’intégration juridique et économique.


Depuis le 4 mai 2026, la capitale togolaise accueille les travaux préparatoires à la session spéciale des ministres des Finances de l’OHADA, prévue vendredi prochain. Cette rencontre intervient dans un contexte où l’organisation cherche à renforcer sa capacité d’action face aux défis économiques et aux besoins croissants des États membres.


À l’ouverture des travaux du Comité des Experts, le Secrétaire permanent de l’OHADA, Mayatta N’Diaye Mbaye, a rappelé l’importance de cette session, organisée près de deux décennies après la précédente réunion du même type.

Selon lui, l’objectif est clair : permettre à l’organisation de disposer de ressources suffisantes pour améliorer sa réactivité, son efficacité et son impact sur le développement économique des pays membres.

L’OHADA joue aujourd’hui un rôle majeur dans l’amélioration du climat des affaires en Afrique. Grâce à l’harmonisation du droit des affaires, l’institution contribue à renforcer la sécurité juridique des investisseurs, soutenir les entreprises et accompagner les politiques publiques liées à la croissance économique et à la création d’emplois.

Mais malgré ces avancées, le financement reste un défi majeur. Les responsables de l’organisation estiment que le temps consacré à la recherche de ressources freine la mise en œuvre des actions concrètes sur le terrain. Les mécanismes de financement mis en place depuis plusieurs années n’ont pas produit les résultats attendus, fragilisant ainsi le fonctionnement de l’institution.

La rencontre de Lomé bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), partenaire engagé dans la réflexion autour du renforcement de l’autonomie financière de l’OHADA. Les experts examinent actuellement plusieurs rapports et études destinés à proposer des solutions de financement pérennes et réalistes.

Représentant le ministre togolais des Finances et du Budget, Akou Mawussé Adetou Afidenyigba a salué la tenue de cette rencontre à Lomé, qualifiée de « capitale de l’OHADA pour l’année 2026 ». Elle a rappelé que l’organisation, créée par le Traité de Port-Louis en 1993, constitue aujourd’hui un outil essentiel de développement économique pour les États africains.

Selon elle, l’OHADA a permis d’assainir l’environnement juridique des entreprises et de renforcer la confiance des investisseurs dans les pays membres. Toutefois, l’institution doit désormais se doter de moyens financiers solides afin de poursuivre efficacement sa mission.

Les conclusions des experts seront soumises aux ministres des Finances lors de leur session spéciale. L’enjeu est stratégique : permettre à l’OHADA de disposer d’un financement durable capable de soutenir son ambition d’intégration économique et de souveraineté juridique au service du développement africain.

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