Face à l’intensification des tensions au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur l’économie et la sécurité internationales, l’Afrique entend faire entendre sa voix.
Réunie ce vendredi 03 juin 2026 à Lomé, la Conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA), convoquée sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ambitionne d’élaborer une position commune et des réponses concertées aux défis engendrés par cette crise.

Si le conflit se déroule à des milliers de kilomètres du continent, ses conséquences se font déjà sentir en Afrique. La flambée des prix des hydrocarbures, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les risques sur la sécurité alimentaire ainsi que les tensions sur les routes commerciales constituent autant de facteurs qui fragilisent les économies africaines.
À ces défis économiques s’ajoutent des préoccupations sécuritaires liées à la circulation des armes, à l’extrémisme et aux risques de déstabilisation dans plusieurs régions du continent.
Sur le plan diplomatique, les pays africains souhaitent également préserver leur indépendance d’appréciation face à un contexte international marqué par de fortes rivalités géopolitiques.
L’objectif est de promouvoir une approche fondée sur le dialogue, le respect du droit international et la recherche de solutions pacifiques.
En accueillant cette rencontre, Lomé confirme son rôle de plateforme de dialogue et de concertation en Afrique. Depuis plusieurs années, le Togo s’illustre par son engagement en faveur de la médiation, de la prévention des conflits et du rapprochement entre les États. Cette tradition diplomatique se traduit aujourd’hui par la volonté de favoriser une réponse collective aux conséquences de la crise au Moyen-Orient.

Les travaux de cette conférence devraient s’articuler autour de trois principaux axes. Le premier porte sur les réponses économiques, avec un accent sur le renforcement des échanges intra-africains, l’accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la sécurisation des approvisionnements stratégiques et la mise en place de mécanismes destinés à atténuer les effets des chocs extérieurs.
Le deuxième axe concerne les questions de sécurité. Les États membres souhaitent renforcer leur coopération en matière de prévention des conflits, d’échange de renseignements et de protection des infrastructures critiques, tout en consolidant les mécanismes africains de médiation et de maintien de la paix.
Enfin, le troisième volet est consacré à la diplomatie. L’Alliance Politique Africaine entend promouvoir une position commune appelant au respect de la souveraineté des États, à la protection des populations civiles, au rejet de toutes les formes de terrorisme ainsi qu’à une désescalade rapide des tensions à travers un dialogue politique crédible.



À travers cette initiative, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, réaffirme la volonté du Togo de contribuer activement aux efforts de paix et de stabilité sur la scène internationale.
L’ambition est de permettre à l’Afrique de parler d’une seule voix sur les grandes questions mondiales, tout en défendant ses intérêts stratégiques et en renforçant sa capacité à anticiper les crises.
Au-delà des déclarations de principe, la rencontre de Lomé ambitionne de poser les bases d’une coopération africaine renforcée face aux défis géopolitiques contemporains.
Elle traduit la volonté des États membres de l’APA de faire de la concertation, du pragmatisme et de la solidarité les piliers d’une action collective au service de la paix, de la stabilité et du développement durable du continent.






