Crise au sein de l’université publique togolaise: les Professeurs Titulaires haussent le ton, pendant que d’autres, aux commandes de l’État, gardent le silence !

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L’université publique togolaise traverse une période de fortes turbulences. Derrière la revendication des enseignants-chercheurs se cache une question plus profonde : celle de la reconnaissance du mérite académique et de la place accordée à l’excellence scientifique dans la gouvernance de l’enseignement supérieur.

Au centre du mouvement de contestation figure la non-signature des décrets de nomination de plusieurs Professeurs Titulaires promus par le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Bien que leur promotion soit reconnue dans l’ensemble des pays membres de cette institution, certains attendent toujours, parfois depuis plusieurs années, la validation administrative leur permettant de jouir pleinement de leur nouveau statut.


Le 2 juillet dernier, des enseignants-chercheurs ont organisé un sit-in à l’Université de Lomé afin de dénoncer ces retards qu’ils qualifient d’injustifiés. Ils estiment qu’il ne s’agit pas d’une faveur, mais de l’application normale des textes après une promotion obtenue à l’issue d’un processus d’évaluation scientifique particulièrement exigeant.

En outre, l’évaluation académique par les Comités Consultatifs Interafricains (CCI) du CAMES repose sur quatre piliers : l’ancienneté, la production scientifique, l’évaluation pédagogique et les services rendus à la communauté (société civile et communauté universitaire).


Au-delà de cette revendication, les enseignants décrivent une université confrontée à de nombreux défis : insuffisance d’enseignants, amphithéâtres surchargés, charges pédagogiques de plus en plus lourdes, faibles financements de la recherche et difficultés de recrutement de jeunes docteurs pourtant formés par les universités nationales pour renforcer l’encadrement pédagogique.

Autant de facteurs qui, selon eux, affectent progressivement la qualité de la formation et de la recherche.

Les Professeurs Titulaires mettent également en garde contre les conséquences d’une absence de réponse des autorités. Ils évoquent la possibilité de suspendre les cours, de ne plus encadrer les mémoires de masters et les thèses ou encore de se retirer des jurys de soutenance. Une situation préoccupante, d’autant que les textes universitaires exigent qu’au moins la moitié des membres d’un jury de thèse soient des Professeurs Titulaires. Or, plusieurs départements des universités publiques se retrouvent aujourd’hui sans Professeurs Titularisés nommés car beaucoup d’anciens Professeurs Titulaires nommés sont admis à la retraite.


Les enseignants dénoncent aussi une disparité de traitement. Ils rappellent que des Professeurs Titulaires de l’Université de Kara ont obtenu leurs décrets de nomination, alors que plusieurs de leurs collègues de l’Université de Lomé, promus durant la même période, attendent toujours cette reconnaissance administrative.

Certains ont même fait valoir leurs droits à la retraite sans bénéficier de la reconnaissance administrative, des effets financiers et statutaires liés à leur promotion.


Dans les milieux universitaires, une autre question suscite toutefois des interrogations. Plusieurs Professeurs Titulaires concernés occupent aujourd’hui d’importantes fonctions au sein de l’administration publique et du gouvernement. Certains étant même les premiers responsables de plusieurs institutions de la république ! Leur présence à des postes de décision amène leurs autres collègues à s’interroger sur leur silence face à cette crise.

Alors que les enseignants mobilisés réclament une régularisation rapide de leur situation, ces hauts responsables, eux aussi issus du corps des Professeurs Titulaires non-nommés, ne se sont pas exprimés publiquement sur les revendications en cours. Ce contraste alimente les débats au sein de la communauté universitaire, où certains espéraient qu’ils devraient mettre leur influence au service d’une issue rapide afin d’éviter à l’enseignement supérieur une dégradation.


Pour de nombreux observateurs, cette crise dépasse désormais la simple question des décrets de nomination. Elle interroge la capacité du système à reconnaître le mérite académique, à préserver l’attractivité de la carrière universitaire et à garantir l’avenir de la recherche scientifique au Togo. Tout cela converge vers une remise en cause de la crédibilité et la notoriété des universités publiques togolaises !


Les enseignants affirment privilégier le dialogue, mais préviennent que l’absence de solutions concrètes pourrait conduire à une paralysie de plusieurs activités universitaires. L’encadrement des étudiants, la formation doctorale, la recherche scientifique ainsi que le rayonnement des universités publiques pourraient en subir les conséquences durables si le différend venait à s’enliser.


Dans ce contexte, de nombreuses voix estiment qu’un règlement rapide du dossier est indispensable afin d’éviter qu’une crise administrative ne se transforme en une crise institutionnelle majeure pour l’enseignement supérieur togolais.

Parallèlement, certains appellent les Professeurs Titulaires exerçant de hautes responsabilités au sein de l’État à faire entendre leur voix, afin de contribuer à une résolution apaisée de cette situation. L’université est une « composante indispensable » pour toute nation qui aspire au développement !!!

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