Kpalimé : des journalistes togolais au cœur des plantations des filières café-cacao

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À perte de vue, des hectares de cacaoyers soigneusement entretenus, des cabosses et des fleurs émergeant directement des troncs font la joie du producteur sur la réussite de prochaine récolte.

C’est le spectacle qu’ont découvert les journalistes venus de toutes les régions du Togo lors d’une visite de terrain dans la préfecture de Kloto, dans le cadre de la session de formation organisée par le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) et Agri Média.

La délégation s’est rendue dans la plantation de M. Yébo, président des producteurs de café et de cacao de la préfecture de Kloto. Dans un environnement propre et régulièrement sarclé, les participants ont pu apprécier l’état d’avancement de la campagne agricole et les efforts déployés par les producteurs pour améliorer leurs rendements.

Selon les explications fournies sur place par M. Paul, un producteur de cacao, la première récolte est pratiquement achevée tandis que la deuxième campagne n’a pas encore commencé.
« Nous sommes en train de terminer la première récolte et nous n’avons pas encore entamé la deuxième saison. C’est pourquoi la quantité de fruits observée sur les arbres reste limitée. La seconde campagne pourrait être encore plus productive », a-t-il expliqué.

Le producteur a également mis en avant la vigueur des plants, dont certains portent des fleurs et des cabosses jusqu’à la base du tronc, signe d’une bonne productivité.


Interrogé sur son attachement à l’agriculture, M. Paul n’a pas caché sa satisfaction.
« Nous sommes heureux d’exercer ce métier. Quand on travaille et qu’on obtient de bons rendements, cela nous motive davantage. Nous sommes fiers d’être agriculteurs », a-t-il confié.

Au cours de cette immersion, les journalistes ont pu se familiariser avec toutes les étapes de la chaîne de production du cacao, depuis la culture jusqu’à la commercialisation, en passant par l’entretien des plantations, la récolte, la fermentation et le séchage des fèves.

La visite s’est ensuite poursuivie à Agomé-Yoh, dans une plantation de café située dans la vallée de la chaîne montagneuse. Les participants y ont été guidés par M. Goudinou, technicien formateur préfectoral café-cacao de Kloto.
« Cette plantation a été créée en 1985 par le producteur Wouarey Anthem et couvre environ 15 hectares », a-t-il indiqué.

Le technicien a présenté les différentes étapes nécessaires à l’installation d’une plantation de café ou de cacao, depuis le choix de la parcelle jusqu’à l’acquisition des plants auprès des services techniques compétents.
« Les premières floraisons apparaissent dès la troisième année avec les variétés hybrides, tandis que la production commerciale débute généralement à partir de la cinquième année », a-t-il précisé.


Selon lui, les producteurs continuent de manifester leur confiance envers les services d’encadrement.
« Nous recevons toujours des commandes. Rien que dans la zone de Kloto, plus de 17 000 plants de café ont été demandés cette année », a-t-il révélé.
M. Goudinou a également rappelé que le Togo demeure une référence en matière de qualité du café et du cacao.


« Le pays occupe toujours la première place en termes de qualité. Le défi consiste désormais à accroître les volumes de production », a-t-il souligné.


Les participants ont également découvert les différences fondamentales entre le caféier et le cacaoyer. Contrairement au cacaoyer, dont les cabosses poussent directement sur le tronc, les fruits du caféier se développent sur les branches fructifères.


Autre particularité, le cacaoyer possède une seule tige principale, alors que le caféier présente plusieurs tiges partant de la base. Les fruits du caféier, appelés « cerises », sont regroupés en grappes dénommées « glomérules ». Chaque cerise renferme généralement deux fèves, tandis qu’une cabosse de cacao peut contenir entre 30 et 40 fèves.


Cette séance pratique a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre les spécificités des deux cultures et les techniques de conduite nécessaires à leur développement.


Au-delà de l’aspect technique, les responsables du CCFCC se montrent optimistes quant à l’évolution des deux filières. Selon le secrétaire administratif du Comité, Dr Adden Ayi Koffi, le Togo compte aujourd’hui près de 40 000 hectares de caféiers et environ 25 000 hectares de cacaoyers.
Les rendements ont considérablement progressé au cours de la dernière décennie.


« Il y a dix ans, les rendements oscillaient entre 250 et 350 kilogrammes à l’hectare. Aujourd’hui, ils se situent entre 550 et 650 kilogrammes. Notre objectif est d’atteindre au minimum une tonne à l’hectare pour chacune des deux cultures », a-t-il indiqué.


Le café et le cacao contribuent à hauteur d’environ 3 % du produit intérieur brut agricole du pays.
Face aux effets du changement climatique, le CCFCC mise sur l’agroforesterie, une approche adoptée depuis une quinzaine d’années.
« Nos plantations sont développées sous couvert d’arbres d’ombrage, ce qui leur permet de mieux résister aux effets du changement climatique », a expliqué Dr Adden Ayi Koffi.


Il a annoncé qu’un travail est en cours avec les producteurs, la FAO, l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) et l’IFDC afin de renforcer davantage la résilience des filières café et cacao et de garantir leur compétitivité sur le long terme.

À travers cette formation et ces visites de terrain, le CCFCC entend faire des médias des partenaires privilégiés de la promotion et du développement durable des filières café et cacao au Togo.

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