Des journalistes et créateurs de contenus participent, depuis le 25 juin 2026 à Lomé, à une session de formation organisée par AfriCheck autour du thème : « Vérification des faits, analyse visuelle et déconstruction de la désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle ».
Cette initiative vise à renforcer les compétences des professionnels des médias face à la prolifération des fausses informations sur les plateformes numériques. La formation est animée par Josaphat Finogbé, éditeur de copies à PesaCheck et formateur francophone à Code for Africa.
À cette occasion, Le Visionnaire a rencontré le formateur pour mieux comprendre les enjeux du fact-checking et les principaux outils utilisés dans la lutte contre la désinformation.
Le Visionnaire : Vous êtes éditeur de copies à PesaCheck et formateur francophone à Code for Africa, l’organisation qui héberge cette plateforme africaine de vérification des faits. Vous venez d’animer une formation destinée aux professionnels des médias sur le fact-checking. Qu’est-ce que le fact-checking et pourquoi est-il important pour les journalistes ?
Josaphat Finogbé : Le fact-checking est un processus de vérification des faits. Le journaliste est, par nature, un fact-checker, puisqu’il a pour mission de vérifier les informations avant leur publication.
La différence entre le journaliste classique et le fact-checker réside principalement dans la restitution du travail. Le fact-checking aboutit à une conclusion claire, à un verdict qui confirme ou infirme une affirmation. C’est cette démarche qui constitue sa spécificité.
Aujourd’hui, cette pratique est devenue incontournable, car nous sommes confrontés à une désinformation qui se propage à une vitesse fulgurante. Les crises politiques, sanitaires, sociales ou économiques favorisent la diffusion de fausses informations. Dans ce contexte, il est essentiel de disposer d’acteurs capables de préserver l’intégrité de l’information et de déconstruire les allégations trompeuses.
Nous avons les compétences et les outils nécessaires pour y parvenir. Cette responsabilité ne concerne d’ailleurs pas uniquement les journalistes. Chaque citoyen utilisant les réseaux sociaux doit contribuer à assainir l’environnement informationnel en évitant de partager de fausses informations, des images manipulées ou des vidéos fabriquées dans le but de tromper le public.
Les États renforcent progressivement leurs dispositifs de lutte contre les fausses nouvelles, tandis que les fact-checkers poursuivent quotidiennement leur travail de vérification.
L’objectif de cette formation est justement de transmettre aux journalistes les bases du fact-checking, les méthodes de vérification et les outils indispensables afin qu’ils deviennent de véritables ambassadeurs de la vérité et de l’intégrité de l’information.
Le Visionnaire : Quels sont les principaux outils utilisés dans le fact-checking ?
Josaphat Finogbé : Les outils de recherche inversée d’images sont parmi les plus importants. Aujourd’hui, de nombreuses images sont manipulées, sorties de leur contexte ou générées artificiellement. Il est donc indispensable de retrouver leur origine, d’identifier leur premier auteur et leur date de publication.
Plusieurs outils gratuits permettent d’effectuer ce travail, notamment Google Lens, Google Images, TinEye et Yandex. Ils sont accessibles aussi bien aux journalistes qu’au grand public.
Avec le développement de l’intelligence artificielle, il existe également des outils capables de détecter certains indices de manipulation ou de génération artificielle d’images et de vidéos.
Cependant, il est important de souligner que ces outils ne remplacent jamais l’analyse humaine. Ils servent uniquement à orienter les recherches et à fournir des indices. La décision finale revient toujours au journaliste ou au fact-checker, qui doit recouper les informations, les analyser avec rigueur et tirer des conclusions fondées avant d’informer le public.






