Le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) a tenu, ce samedi 9 mai 2026, un meeting populaire sur le terrain d’Akassimé, dans la commune du Golfe 4.
À l’appel de cette nouvelle plateforme regroupant partis politiques de l’opposition et organisations de la société civile, des milliers de Togolais ont répondu présents.
Cette manifestation, autorisée par les autorités, figure parmi les rares grandes mobilisations publiques de l’opposition depuis l’instauration controversée de la Constitution de la Ve République. Ces dernières années, plusieurs manifestations de contestation avaient été interdites par le pouvoir de Lomé II.
Selon les organisateurs, cette première rencontre entre le CNCC et les populations a connu une forte mobilisation, signe d’un regain d’intérêt des citoyens pour les enjeux politiques, démocratiques et sociaux du pays.
La rencontre a réuni plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile, parmi lesquels Jean-Pierre Fabre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le Professeur Komi Wolou du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), Me Paul Dodji Apévon des Forces
Démocratiques pour la République (FDR), Me Zeus Ajavon, ancien coordinateur du Collectif Sauvons le Togo (CST), ainsi que le Professeur David Ekoué Dosseh du Front Citoyen Togo Debout (FCTD).
Prenant la parole en ouverture, le Professeur David Ekoué Dosseh, premier porte-parole du FCTD, a présenté les ambitions de la nouvelle plateforme.
Pour lui, l’affluence observée à Lomé prouve que « le peuple togolais est toujours debout » et attaché à la défense des libertés fondamentales et des principes démocratiques.
« Nous sommes satisfaits de cette première mobilisation. Honnêtement, nous ne nous attendions pas à une telle affluence », a-t-il déclaré devant les participants.
Le chirurgien a également dénoncé ce qu’il considère comme une « dérive monarchique » de la Ve République, accusant le système actuel de favoriser la continuité du pouvoir au sein d’une même dynastie politique.
Le CNCC appelle à maintenir la mobilisation
De son côté, Jean-Pierre Fabre a exhorté les militants et sympathisants à poursuivre la mobilisation dans les semaines à venir.
« C’est le début du recommencement », a lancé le leader de l’ANC à la foule.
Le Professeur Komi Wolou a, quant à lui, insisté sur l’importance de l’unité entre les partis de l’opposition et les organisations citoyennes face aux défis politiques, économiques et sociaux que traverse le pays.
Le secrétaire national du PSR a rappelé que les difficultés quotidiennes concernent tous les Togolais, sans distinction politique. Pour illustrer son propos, il a affirmé qu’il n’existe « ni route réservée aux opposants, ni source d’eau destinée aux partisans du pouvoir ».
Il a également appelé les militants, y compris ceux de la diaspora, à soutenir les acteurs engagés dans la lutte politique plutôt qu’à les fragiliser par des divisions internes.
À travers cette forte mobilisation, le Cadre national de concertation pour le changement au Togo semble vouloir insuffler une nouvelle dynamique à l’opposition et à la société civile, dans un contexte marqué par les tensions autour des réformes institutionnelles.
Reste désormais à savoir si cette première démonstration de force débouchera sur une série d’actions populaires durables à travers le pays, ou si les autorités maintiendront une approche restrictive vis-à-vis des prochaines manifestations publiques de l’opposition.






