Le projet de déguerpissement annoncé dans le Grand Lomé suscite des réactions au sein de la classe politique locale.
Le conseiller régional élu dans le Golfe, pour la Région Maritime, D’ALMEIDA Amavi Elom, exprime son désaccord avec cette initiative et invite les autorités municipales à privilégier des solutions structurelles plutôt que des mesures de libération des espaces publics.
Dans une déclaration, l’élu régional remet notamment en question les compétences du gouverneur du District autonome du Grand Lomé (DAGL) à l’égard des maires des communes. Se référant aux dispositions de la loi sur la décentralisation, il estime que le gouverneur ne disposerait pas de la compétence nécessaire pour leur adresser une injonction de cette nature.
Au-delà de la question institutionnelle, D’ALMEIDA Amavi Elom critique une approche qu’il juge insuffisante pour répondre aux véritables défis de développement urbain.
Selon lui, le déguerpissement, présenté comme une mesure destinée à améliorer l’embellissement de la capitale, ne saurait constituer à lui seul une politique durable d’aménagement et de développement. Il appelle ainsi à privilégier des actions concrètes, en cohérence avec les principes du mandat social, notamment ceux de « rassembler, protéger et transporter ».

Pour le conseiller régional, la priorité devrait être accordée à l’amélioration des infrastructures marchandes et au renforcement de leurs capacités d’accueil. Il invite particulièrement les maires à travailler à la modernisation des marchés de leurs communes afin d’offrir aux commerçantes des espaces adaptés à leurs activités.
Il cite notamment les marchés de Bè, dans la commune du Golfe 1, administrée par TOVIA, de Hanoukopé dans le Golfe 4, administrée par ANC, de Doumasséssé dans le Golfe 3 et de Hédzranawoé dans le Golfe 2, ces deux dernières communes étant administrées par UNIR.
L’élu attire également l’attention sur la dégradation de l’état des routes dans les communes d’Agoè, estimant que ces difficultés méritent une attention particulière dans les politiques d’aménagement urbain.
D’ALMEIDA Amavi Elom interpelle par ailleurs le District autonome du Grand Lomé sur la situation du Grand Marché de Lomé. Il estime que sa saturation et les conditions d’exercice des activités commerciales devraient figurer parmi les priorités des autorités.
À l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte affluence, le marché devient particulièrement difficile d’accès et de fréquentation pour les revendeuses et leurs clientes. Une situation que le conseiller régional décrit comme une véritable source d’inquiétude pour les commerçantes, notamment les femmes qui y exercent quotidiennement leurs activités.

Face à ces défis, il appelle les responsables municipaux à surseoir au projet de déguerpissement et à privilégier le dialogue, la modernisation des marchés, l’amélioration des infrastructures routières et la recherche de solutions adaptées aux réalités des populations.
Pour cet élu régional, l’amélioration du cadre de vie dans le Grand Lomé doit aller de pair avec la préservation des activités économiques et la protection des moyens de subsistance des populations.




