L’irrégularité des précipitations demeure l’un des principaux facteurs à l’origine des variations observées dans la production cotonnière au Togo.
Dans un entretien accordé au média Au Champ, le président de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC COOP-CA), Koussouwè Kouroufei, a analysé les difficultés auxquelles fait face la filière, tout en réaffirmant la volonté des producteurs de redonner un nouvel élan à « l’or blanc ».
Selon lui, les contre-performances enregistrées ces dernières années ne traduisent en aucun cas une perte d’intérêt des cotonculteurs pour cette culture. « Les producteurs ont toujours la volonté de produire du coton », assure-t-il.
Le responsable de la FNGPC prend pour exemple la campagne 2024-2025, au cours de laquelle les producteurs ambitionnaient de mettre en culture au moins 110 000 hectares afin d’atteindre une production de 93 500 tonnes. Toutefois, les conditions météorologiques ont fortement perturbé cette dynamique.
« Les producteurs étaient prêts pour les semis, mais les pluies se sont fait attendre dans la région des Savanes et ne sont arrivées qu’au mois de mai », explique-t-il.
Pour Koussouwè Kouroufei, ces perturbations illustrent les effets croissants du changement climatique sur la filière cotonnière. Le dérèglement du calendrier des pluies complique les travaux agricoles et affecte les rendements, malgré les efforts consentis par les exploitants.
À ces contraintes climatiques s’ajoutent des considérations économiques. L’amélioration des prix du soja ces dernières années a poussé certains producteurs à privilégier cette culture ou le maïs, jugés plus rentables à court terme.
« Le producteur investit naturellement dans les spéculations qui lui offrent les meilleurs revenus », souligne le président de la FNGPC.
Malgré cette concurrence, il reste convaincu que le coton demeure une culture stratégique pour l’agriculture togolaise. Selon lui, ses effets bénéfiques sur la fertilité des sols permettent d’améliorer les rendements des cultures pratiquées en rotation, notamment le maïs et le soja.
Producteur de coton depuis plus de trois décennies, Koussouwè Kouroufei affirme d’ailleurs être resté fidèle à cette spéculation. « Si je ne cultive pas le coton, j’ai l’impression de ne pas avoir de champ », confie-t-il, tout en précisant qu’il associe cette culture à celles du maïs et du soja dans le cadre de la rotation culturale.
Malgré les difficultés, les résultats de la campagne 2025-2026 nourrissent l’optimisme des producteurs. La production nationale est passée d’environ 60 000 tonnes lors de la campagne précédente à plus de 78 000 tonnes, tandis que le rendement moyen a atteint un niveau record de 1 050 kilogrammes par hectare.
Pour le président de la FNGPC COOP-CA, ces performances témoignent du potentiel de la filière et de la capacité des producteurs togolais à relancer durablement la production cotonnière.
Il plaide toutefois pour un accompagnement soutenu des pouvoirs publics et un renforcement de la collaboration entre les différents acteurs du secteur afin de mieux faire face aux défis liés aux changements climatiques et d’améliorer la compétitivité du coton togolais.
« Les objectifs fixés sont à notre portée et pourront être atteints dans les années à venir », estime-t-il, saluant l’engagement des producteurs qui continuent de croire au potentiel de la filière malgré les nombreuses contraintes.






