Lomé : le 4ᵉ Lac, le théâtre d’un corps de plus

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Le 4ᵉ Lac d’Akodesséwa a une nouvelle fois livré un drame ce matin. Vers 11 heures, les riverains, médusés, ont assisté au repêchage d’un huitième corps, retrouvé près des berges.

Vêtu d’un débardeur et d’un pantalon noir, l’homme, dont l’identité n’est pas encore connue, présentait des traces suspectes sur le front. Des témoins évoquent des blessures apparentes, laissant craindre un traumatisme avant la mort. Sur place, un agent de santé de l’hôpital de Bè a procédé aux premières constatations pendant que les sapeurs-pompiers sécurisaient les environs. Une mort brutale, une immersion, et le même silence, encore.

Depuis début juin, huit corps ont été retrouvés autour de ce même lac, transformant ce coin de Lomé en un lieu de mystère et de peur. Les hypothèses se multiplient au rythme des découvertes : noyades accidentelles, règlements de comptes ou exécutions extra-judiciaires, selon certaines rumeurs qui persistent.

Ce nouveau drame survient dans un climat déjà tendu. Après les manifestations de fin juin, plusieurs familles restent sans nouvelles de proches, et les regards se détournent. Les deux premiers corps retrouvés après ces troubles avaient été attribués à des noyades par les autorités, une explication accueillie avec scepticisme par la population.

Le procureur avait annoncé l’ouverture d’une enquête « contre X ». Depuis, aucun calendrier, aucun point d’étape, rien. Le silence s’est installé, laissant place aux spéculations et à la peur sur les réseaux sociaux. À Akodesséwa, certains habitants refusent désormais de s’approcher du lac, quand d’autres s’y rendent quotidiennement dans l’espoir d’obtenir des réponses.

À deux jours des élections municipales prévues pour le 17 juillet, ces drames à répétition fragilisent davantage la confiance des citoyens envers l’État. Les organisations de la société civile appellent à des enquêtes crédibles, à la transparence et à des réponses concrètes pour les familles des disparus.

Autrefois simple plan d’eau au cœur d’un quartier vivant, le 4ᵉ Lac est devenu un symbole d’inquiétude et de silence pesant. L’eau n’y reflète plus le ciel, mais l’opacité d’une affaire qui, pour l’instant, ne trouve ni explication, ni justice. Pendant que les autorités temporisent, les familles, elles, restent seules face à leurs larmes et leurs questions.

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